‹ Œuvres complètes;Chapitre 268 sur 436 · Il mourut au commencement de novembre · texte numérisé non relu

Il mourut au commencement de novembre

ao. Il y avait eu projet d'alliance entre le marquis de Villeroy et la fille de Concini.

ai. A on donné est le texte du manuscrit.

aa. Marguerite de Lorraine, fille de Charles de Lorraine, duc d'Aumale. — Sa sœur Anne épousa (16 18) Henri de Savoie, duc de Nemours.

état : de manière que ce pauvre homme n'a point eu de bien depuis sa mort, et ne le peut-on résoudre qu'il ne meure dans peu de temps. Cela ne vous importe guère , mais je le vous dis parce que je le connois, et que j'ai pris peine de le consoler. M. de Beaulieu Ruzé, premier et plus ancien secrétaire d'État, a passé de cette à meilleure vie ^'; en quoi je fais une notable perte pour être un de mes meilleurs seigneurs et amis. Je pris peine [à] voir l'abord à Fontainebleau de Monsieur le Grand avec M. le maréchal d'Ancre, lequel manqua tellement d'assurance, sentant sa conscience le toucher de peur, vu le peu [dej temps qu'il y avoit qu'il venoit de conjurer sa ruine, qu'il ne lui dit que ces cinq ]>aroles : « Vous soyez le bienvenu, Monsieur ; vous avez bien demeuré à venir ; vous avez beaucoup de gens ; combien sont-ils ? Je suis votre serviteur, commandez-moi. » A la première, il lui fut répondu : « Vous soyez bien venu. Monsieur ; » à l'autre : « J'ai vu mes amis en passant, qui m'a fait retarder; » à la troisième : a Ce sont mes amis qui ont voulu prendre la peine de m'accompagner ; » puis il dit à la quatrième : « Je ne les ai pas comptés ; » et à la fin : « Adieu, Monsieur. » Je vous ai fait le discours de cet abord, parce qu'il me semble un peu étrange. La Reine a commandé à mondit sieur le Grand de se tenir auprès de Sa Majesté. Le feu Roi (que Dieu absolve !) commanda que l'on réimprimât les Métamorphoses d'Ovide en belles et grandes lettres : il prévoyoit bien , le bon prince , que l'on les praliqueroit après sa mort. La Reine faisoit accommoder un logis pour la reine qui vient d'Espagne , au-dessous du sien , où logeoit M. de Savoie quand il fut à Paris; ce qu'ayant entendu, l'ambassadeur d'Espagne demanda audience à la Reine, lui remontrant que la reine qui vient d'Espagne doit loger au logis des reines, et qu'elle ne logera point ailleurs. La Reine répliqua cpie tant qu'elle seroit régente qu'il n'étoit pas raisonnable qu'elle délogeât , et que quand le Roi seroit majeur, que celle qui vient d'Espagne logeroit où bon lui sembleroit, et en demeurèrent là sans rien résoudre. Vous verrez, par les deux discours que je vous envoyé, en quel état a été le différend de Mantoue avec

a3. Martin Ruzé, seigneur de Beaulieu, mort le i6 novembre i6i3. Il était grand-oncle maternel du maréchal d'Effiat.

M. de Savoie, et comme le roi d'Espagne se déclare tout à fait à présent; si le conseil eût secondé la volonté de la Reine, l'on armeroit de nouveau. L'on fait doute si le mariage se parachèvera ; la Reine s'offense fort des procédures du roi d'Espagne. Si je ne craignois que cet écrit fût vu , je vous dirois qu'on est bien empêché pour trouver deux hommes , l'un de robe, et l'autre d'épée, pour envoyer en Espagne pour ce sujet. Le marquis Spinola fait faire un grand port, et un canal depuis Ostende jusques à Bruxelles , auquel il y a six mille hommes qui travaillent : c'est le vrai moyen de ruiner le restant de ces Pays-Bas. Hier mourut Mme de Pisieux, de mort soudaine , toute vêtue, se portant bien tout le jour. L'on dit qu'en toussissant elle se rompit une veine.

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