‹ Œuvres complètes;Chapitre 300 sur 436 · Devant ajoute, il y a nous, effacé · texte numérisé non relu

Devant ajoute, il y a nous, effacé

LETTRES A PEIRESC. -^iS

Monsieur, de l'avis que vous m'avez donné : je ne suis pas encore hors de peine, car je n'ai point de nouvelles de ma femme; mais vous m'en avez diminué l'alarme*. Quand je voudrai faire tenir de l'argent en Provence, j'en userai comme vous me mandez. Adieu, Monsieur • je suis votre très-humble et très-obligé serviteur.

i56. — A Paris, ce ai* avril.

Monsieur , nos nouvelles sont que samedi, après dîner, M. de Bullion retourna vers ces Messieurs de Soissons . Le soir même il en arriva un courrier qui avertit la Reine que Monsieur le Prince enétoitpartile matin pour cinq ou six jours, durant lesquels il avoit laissé toute charge à MM. du Maine et du Bouillon. Après que la Reine eut lu l'avis, elle le dit ainsi tout haut. Vendredi au soir j'étois au cabinet, où arriva un nommé Andras, qui venoit de Soissons; il parla à elle à l'oreille; l'une des choses qu'il lui dit fut qu'il avoit rencontré un chariot plein de mousquets que l'on portoit à Soissons pour M. du Bouillon, lequel il avoit fait ramener. La Reine commanda qu'il fût renvoyé* en sa maison au faubourg Saint-Germain; ce qui a été fait : aussi en étoit-il parti. 11 y a défense faite par le lieutenant civil aux quincailliers de vendre aucunes armes que par sa permission. Le prévôt des marchands demanda à la Reine, au commencement de l'arrivée de Monsieur le Prince à Soissons , si l'on garderoit les portes de la ville. La Reine lui répondit, à ce que lui-même m'a conté, que la chose ne le

6. Dans une lettre du i" arril 1614, Peiresc avait parlé d'une légère indisposition de Mme de Malherbe.

Lettre i56. — i. II y avait d'îibord le pluriel : « qu'ils fussent renvoyés, 9 et à la ligne suivante : « étoient-ils partis. »

valoit pas. On parle de tout plein de demandes que font ces Messieurs •, mais c'est si diversement que je n'oserois les vous écrire. Au retour de M. de Bulliou, si nous en savons davantage, je vous ferai part de ce que j'en apprendrai. Adieu, Monsieur; je vous baise bien humblement les mains , et suis votre serviteur très-affectionné et très-obligé,

Fr. Malherbe.

Je fus hier au Louvre, mais je n'y appris rien, à cause que l'on ne voyoit point la Reine ; elle s'étoit fait saigner, et n'y entra honune quelconque que le Roi. Il y a trois ou quatre jours que j'envoyai la paraphrase d'un psaume à M. de Valavez ' : je crois qu'il la vous aura envoyée. Je fus samedi chez notre compère, où je vis ce qu'il a fait pour vous, j'entends le pourtrait du feu Roi. Il n'y a que la tête, pource que, à ce qu'il dit, vous n'en voulez pas davantage. Elle me semble fort bien faite, et crois que vous en serez content.

Encore que je ne vous écrive point que je suis trèshumble serviteur de Monsieur le premier président, je présuppose que vous le vous teniez toujours pour écrit, et que vous l'en assuriez. Faites-moi donc cette faveur de le faire en cette occasion et en toutes, encore que j'oubliasse à vous en écrire. Adieu , encore un coup, Monsieur; et encore un coup je vous dis que je suis votre serviteur de tout mon cœur.

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