De Paris , ce i " de mai
Monsieur, je vous écrivis hier ce que je savois; mais, ayant aujourd'hui étudié, j'ai appris quelque chose de
a. Voyez tome I, pièce uuii, p. aoj.
plus, dont je vous ai fait un petit mémoire, que vous trouverez en ce paquet* : il y a du plaisir à éciire par la poste ; mais par les messagers, il n'y a point ni plaisir ni honneur à mander^ ce qui sera vieil et ridé devant qu'il arrive. Adieu, Monsieur : aimez-moi toujours. Votre plus humble et plus obligé serviteur.
i58. — A Paris, ce 3' de mai.
Monsieur, il y a assez de temps que je ne vous osois écrire de nouvelles : je les voyois si incertaines que j'aimois mieux que vous apprissiez des mensonges d'autre que de moi ; à cette heure, je vous puis dire à bon escient que la paix a été conclue ce matin en un conseil général, qui pour cet effet a été tenu au Louvre. 11 ne tenoit qu'à Amboise, que la Reine avoit fait quelque difficulté de bailler : toutefois enfin elle s'est laissée aller à la prière de tout le monde. Une chose si précieuse comme la paix est toujours à bon marché, quoi qu'elle coûte. Vous vous en réjouirez, je m'assure, comme font tous les gens de bien, et crois que M. d'Escures* n'aura pas beaucoup de gens qui l'accompagnent en son déplaisir. Il avoit eu cette place du Gast* par le prix de cent mille écus, et n'en avoit baillé que six mille comptant. Le reste partoit d'une certaine affaire de six deniers pour livre, exigés par le passé par les receveurs particuliers des élections, plutôt par souffrance' et coutume que pour aucun
Lettre 157. — i. Ce mémoire n'est point dans le manuscrit.
a. Malherbe avait d'abord écrit simplement : « il n'y a point de plaisir à mander, etc. d
Lettbe i58. — I. n était gouverneur d' Amboise, et en i6i5 il fut maréchal général des logis de l'armée royale.
a. Michel de Gast, seigneur de Montgaugier.