Souffrance, tolérance
Malherbe, m >7
4i8 LETTRES A PEIRESC.
g droit ni titre qu'ils en eussent; de sorte que pour éviter la recherche du passé, et avoir permission de continuer la même exaction à l'avenir, ils ont baillé deux cent tant de mille livres, qui sont destinées à cet achat. Quelqu'un de mes amis m'a dit que M. le président Janin, à son retour de Soissons, ayant parlé à M. d'Escures de remettre cette place, il avoit dit qu'il n'en feroit rien; à quoi lui ayant Monsieur le président répondu qu'il falloit qu'il le fît, et lui continuant en sa négation, enfin Monsieur le président lui répliqua : « Par la mort Dieu ! vous le ferez, ou nous vous ferons pendre. » On a fait plusieurs discours sur la longueur qu'il y a eu avant que de la vouloir bailler ; mais cela seroit trop ennuyeux* , et étant hors d'apparence, ne vaut pas la peine d'en gâter le papier. A.près cette nouvelle de paix, il n'y auroit point de goût à en lire d'autres; et certainement je crois que celle-ci a consumé toutes les autres, car il ne se parle de chose quelconque que de cela. J'ai été ce soir au cabinet exprès pour en apprendre* ; mais j'en suis revenu aussi savant que j'y étois allé, hormis que j'ai ouï que la Reine a dit à Mme de Praslin* qu'elle voyoit bien qu'elle étoit bien aise de la paix, mais qu'elle ne se réjouît pas trop, et que peut-être, à l'heure qu'elle parloit, M. de PrasHn étoit aux mains avec les gens de Monsieur le Prince, pource que, eux ayant fait contenance de vouloir passer un certain passage, M. de Praslin avoit envoyé savoir d'elle ce qu'il lui plaisoit qu'il fît en ce cas-là; sur quoi elle lui avoit commandé de les charger.
Je crois que M. de Valavez vous aura fait voir une tra-