‹ Œuvres complètes;Chapitre 304 sur 436 · De Paris, ce ao« de mai · texte numérisé non relu

De Paris, ce ao« de mai

Monsieur, je ne vous écris presque jamais que ce ne ;soit en hâte ; mais à cette fois je suis plus pressé qu'en nulle des autres : tant y a que puisque ce porteur s'en va en poste, j'ai jugé que si ce que je vous écris est peu de chose, pour le moins il sera frais quand vous le recevrez. Nous attendons nos députés mécredi prochain, car à ce coup la paix est signée et scellée ; les feux de joie en ont été faits à Sainte-Menehould , et le canon tiré * . Je crois qu'ici nous ne ferons rien, pource que nous n'estimons pas que la chose le vaille. Je ne sais encore rien des conditions, sinon qu'ils ont cent cinquante mille écus pour leurs frais, à savoir cent mille livres pour Monsieur le Prince, cent cinquante mille pour M. de Nevers, cent mille pour MM. du Maine et Longueville, soixante mille pour MM. de Vendôme et de Raiz, et quarante mille pour MM. du Bouillon et de Luxembourg. Je crois que nous les aurons ici au premier jour. M. du Maine et M. de Longueville, se trouvant près de M. de Lorraine, le sont allés voir. Dimanche dernier, le comte de Crissey ^ vint apporter au Roi une lettre de Monsieur le Prince. Le Roi étoit tout au haut du Louvre', en une fenêtre qui regarde sur la cour ; comme on le lui vint dire, il commanda qu'on allât quérir M. de Souvray, qui étoit

Lettbk iSg. — I. La paix entre la Reine et les Princes avai signée le i5 mai à Sainte-Menehould.

a. Est-ce le commandeur de Crissé, grand prieur d'Aquitaine , mort en i644? Malherbe avait d'abord écrit de Russe,

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