‹ Œuvres complètes;Chapitre 307 sur 436 · De Paris, ce 3i* de mai · texte numérisé non relu

De Paris, ce 3i* de mai

Monsieur , pour vous conserver la bonne opinion de ma diligence, je vous envoyé ce peu de nouvelles ; autrement elles ne valoient pas être écrites ni lues * . Vous y en verrez une de quoi sans doute Ton fera grand cas aux provinces , et qui ne diminuera pas entre les mains de ceux qui la porteront ; mais ceux qui la vous conteront autrement que moi, ne les croyez pas, car j'ai voulu savoir l'affaire de ceux qui l'ont maniée. Adieu, Monsieur: aimez toujours votre très-humble et très-obligé serviteur,

Malherbe.

Je viens d'envoyer chez mon compère , qui a dit qu'il n'y avoit plus qu'à faire les boîtes , et qu'il les vouloit faire faire lui-même. Je vous promets que je le solliciterai de si près que si Jacques le messager ne vous porte tout , au moins en aurez-vous une bonne partie.

De Paris, ce dernier de mai, à dix^heures de soir. Mécredi au soir ' la Reine fut à la Bastille, d'où elle en

Lettre 161. — i. Malherbe avait d'abord écrit : c ne le valoient pas; » puis il a effacé /e,et ajouté en interligne : a être écrites ni lues. > a. Le a8 mai.

4a< LETTRES A PEIRESC.

fit tirer un million de livres. Deux ou trois jours auparavant cela avoit été résolu, comme je crois que je le vous avois écrit', et pensois qu'il eût été fait dès lors, mais il ne fut fait que mécredi. L'on m'a dit que la Reine a trouvé qu'il en falloit encore tirer cinq cent mille livres, et que là-dessus Messieurs des comptes sont aujourd'hui venus faire quelque remontrance ; mais je n'en ai rien ouï de plus particulier.

M. de Longueville est arrivé aujourd'hui sur les cinq ou six heures de soir; il est allé descendre chez M. le comte de Saint-Pol, et de là s'en sont venus sur les sept heures chez le Roi. Sa Majesté étoit sur le perron qui est au bout de la galerie dorée , où vous vîtes recevoir les ambassadeurs d'Espagne pour le mariage. Comme M. de Longueville est entré dans la galerie, il n'y a pas eu fait une douzaine de pas, que le Roi est sorti du perron et est venu au-devant de lui, et l'a rencontré plus près de la porte que de là où il étoit parti. Je m'étois mis tout auprès du Roi, mais sur le point de la révérence, il s'est fait un mouvement qui m'a porté à trois ou quatre pas de là. M. de Longueville a fait quelque petite harangue, et le Roi une réponse encore plus courte ; mais il n'a été possible que j'en aye rien entendu. Demain, Dieu aidant, j'irai voir M. de Longueville , de qui je saurai le tout. Le Roi lors s'en alloit souper; M. de Longueville a été à la moitié de son souper, où il ne s'est parlé que de propos communs. De là M. de Longueville s'en est allé aux Tuileries voir la Reine; cela m'a trompé, car je m'étois imaginé qu'il seroit avec le Roi jusques au retour de la Reine , et que de là le Roi, allant chez la Reine, comme il fait tous les soirs après souper, le mèneroit avec lui. J'y suis allé attendre cette action, mais j'ai perdu

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