Malherbe avait d'abord écrit : « ne lui plaira guère
9. Elisabeth , sœur du Rhingrave Philippe-Othon , comte , puis prbice de Salm. « Mon cousin, le comte Rhingrave, dit Bassompierre (année i6i4), ne pouvant plus souffrir la vie déshonnête que sa sœur, l'abbesse de Remiremont, menoit, m'envoya un de ses gens me prier de donner ordre de la tirer de là ; ce que je fis par la permission de la
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étoit en cette ville il y avoit fort longtemps , fut , par la menée de ses parents , qui n'étoient pas contents de sa vie, enlevée dans un carrosse le i5® du passé; on l'amène chez un sien beau-frère.
Il se fit une galanterie, il y a sept ou huit jours, de laquelle vous pouvez avoir ouï parler, qui est que Ton voulut enlever la fille d'un Barré**, qui, pour la garder plus sûrement du comte de Montsoreau ", qui la lui vouloit enlever, l'avoit emmenée de Tours, d'où il est, en cette ville. Il y a prise de corps contre le marquis de Mauny, Lezigny, et un Fiesque*% qui devoit être le marié; il y avoit quelques autres dans le carrosse, mais ils ne se sont point trouvés en l'information. Le père et la mère, avertis de l'entreprise, supposèrent pour leur fille une fille de chambre, qui sortant de l'église, fut tout aussitôt enlevée et jetée dans le carrosse , duquel on avoit subtilement arraché l'esse, tandis qu'il étoit devant l'église à attendre la demoiselle ; si bien qu'à cent pas de là le carrosse alla par terre; ils se sauvèrent, et la fille demeura. On a par arrêt défendu à M. Barré d'appointer ni transiger de cette affaire, à peine de dix mille livres. La fille a huit cent mille livres en mariage.
Le n" du passé, il se fit en Bretagne un tour qui n'en doit rien à celui-là. Un nommé M. de Montbarot**,
Reine; et une après-dînée la fis meUre en carrosse, accompagnée de trente chevaux, et l'envoyai à Pannes en mes quartiers (en Lorraine), où de là son frère envoya la quérir. >
10. « Il nous semble que ce doit être Marie Barré, fille d'Antoine Barré, sieur de Coustau, qui épousa le secrétaire d'Etat Nicolas Potier d'Ocquerre. » {Note de M. Bazin.)
11. René de Chambes, comte de Montsoreau. Voyez quelques-uns de ses exploits dans Taliemant des Réaux, tome VI, p. 474*
12. Peut-être François de Fiesque, comte de Lavagne et de Bressuire.
i3. René de Montbarot, gouverneur de Rennes.
gentilhomme breton , qui peut avoir quatorze ou quinze mille livres de rente , n'a qu'une seule fille , qui est son héritière. Il étoit allé voir M. de Rohan , à Saint-Jeand'Angely; un la Roche-Giffart, aussi gentilhomme" breton , de huit ou dix mille livres de rente , se servant de cette commodité, assisté de cent chevaux, et peut-être se fiant de sa retraite aux troupes de M. de Vendôme, qui étoient à deux lieues de là , pource qu'il est des grands amis de M. de Vendôme, s'en vint de nuit mettre le pétard devant la maison de M. de Montbarol, et enleva cette héritière; laquelle il mena tout aussitôt chez sa mère, où l'on tâcha de lui persuader de le vouloir épouser. Elle n'en veut point ouïr parler, ni M. de Montbarot aussi. M. de Vendôme l'a envoyé quérir pour accommoder l'afifaire : on ne croit pas qu'il le puisse. M. le prince de Conty vouloit à toutes forces se faire porter à Orléans en brancard** ; mais Madame la princesse, avec beaucoup de peine, l'a fait demeurer, à la charge que s'il y a guerre, qu'il y viendra**. L'un des siens m'a dit qu'il l'a ainsi accordé à Madame sa femme, mais qu'il est résolu de y aller. Nous verrons demain , Dieu aidant, ce qui en sera.
Après dîner, j'ai vu l'audience du Nonce et de l'ambassadeur d'Espagne, qui sont venus dire adieu à la Reine : il ne s'y est rien passé d'extraordinaire ; ils y ont tous deux été fort longtemps.
Les États de Hollande ont fait de grandes offres à la Reine, mais il n'en sera point de besoin, Dieu aidant.
14. Samuel de la Chapelle, seigneur de laRoche-Giffard. Il épousa celle qu'il avait enlevée, Françoise de Marec, et mourut eu i6a5. i5. Malherbe avait d'abord écrit : « en litière. » 16. Tel est le texte du manuscrit ; il y a deux fois que : comparez p. 34a, 363, 388.
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i65. — Paris, ce vendredi 11* de juillet. .«i
Monsieur , je' ne suis pas en lieu d'où vous puissiez attendre des nouvelles : la cour est hors de cette ville, et j'y suis demeuré pour conserver ce bâtiment ruineux, qui ne peut plus désormais soufFrir de grandes secousses sans faire un mauvais tour à son hôte. Je viens de voir Mme la marquise de Rambouillet, qui a eu sur le midi des nouvelles de Monsieur son mari, par un valet de garde-robe du Roi. Il lui mande que le marquis de Cœuvres est à Orléans , de retour de Bretagne , et a rapporté à Leurs Majestés que M. de Vendôme est du tout disposé à l'obéissance. Pour ce qui est de Monsieur le Prince, Ton attend le retour de M. du Maine ; je ne sais ce qui en réussira : tant y a que ce valet de garde-robe vient quérir les armes du Roi, et dit que lorsqu'il partit la résolution étoit que demain Leurs Majestés partoient d'Orléans pour continuer leur voyage. Il faut nécessairement qu'elles passent par Amboise ; ce sera là que l'on verra plus clair en ces ténèbres. Dieu nous donne sa sainte paix, ou victoire au Roi de tous ses ennemis! Adieu, Monsieur : je suis votre serviteur très-humble et trèsaffectionné.