Il s'appelait le baron des Lagues, suivant l'Estoile
i5, Claude de Lorraine, cinquième fils du duc de Guise tué à Blois , porta d'abord le titre de prince de Joinville , et fut ensuite duc de Chevreuse. Il mourut en 1667. ^ épousa, en 1622, la veuve du connétable de Luynes, la célèbre Marie de Rohan. — Sur son duel avec Espernon, voyez l'histoire de celui-ci par Girard (tome I, p. 195).
LETTRES A PEIRESC. 3i
Votre Gascon est sorti il y a plus de trois semaines *• ; toutefois, si vous avez quelque meilleure preuve, il y a toujours moyen de le rattraper ; il me vint quand et quand trouver, et me fit beaucoup de protestations de sa fidélité et de l'affection qu'il a voit à votre service. J'ai baillé, il y a longtemps, les cinq écus que vous avez employés pour moi à M. Ycart ; je ne sais s'il le vous aura mandé. C'est assez. Monsieur, il faut finir mes fâcheux discours, qui sont plutôt pois piles qu'une lettre. Excusez-moi, et m'aimez comme celui qui est de tout son cœur votre trèshumble et très-obéissant serviteur,
Fr. de Malerbe.
Selon ma coutume de vous importuner, je vous prie me faire le bien de m'envoyer une bouteille d'huile de fleur d'orange *' : vous savez que les dames s'en servent à frotter les cheveux pour y arrêter la poudre ; mais il faudroit que ce fût de l'excellente et non sophistiquée; je sais bien qu'il n'y a personne qui ait meilleur moyen d'en recouvrer que vous par vos connoissances d'Hières et de Boisgercy*'. Je vous supplie. Monsieur, m'obliger tant que de vous en souvenir et que j'en aye par le premier porteur qui viendra par deçà ; je rembourserai en ce qui vous plaira ce que vous y aurez employé.
On parle d'aller lundi à Fontainebleau.
Faites-moi cet honneur, Monsieur, de faire mes humbles recommandations à M. du Périer; je lui écrirai par le sergent Louis, qui partira dans cinq ou six jours.
i6. Malherbe avait d'abord écrit : il y a longtemps.
17. Comme on le voit dans une lettre de Peiresc du i3 juin 1607, cette huile venait d'Espagne.
18. Boisgercy, lisez ; Boisgensier, à quelques lieues de Toulon et d'Hières. C'était le lieu de naissance de Peiresc, qui s'y fit construire une magnifique habitation.
3a LETTRES A PEIRESC.
i5, — De Paris, ce a6* avril.
Monsieur, vous aimez comme il faut, car vous n'oubliez point. J'ai honte de tant de témoignages d'affection, parce que je n'ai de quoi m'en revancher; mais je suis résolu de vous laisser faire et de me contenter, pourvu que je vous fasse connoître que vous obligez un homme que la seule mauvaise fortune empêche de vous servir.
Vous aurez bientôt M. Vaquette * en Provence, pour vous rendre raison de ce que vous estimez qu'il ait acheté du Gascon. Quant à ce coquin, il n'est plus en cette ville, à mon avis, et crois que si vous en voulez faire plus grande poursuite vous aurez plus de peine qu'il ne vaut. Le sieur du Monstier a eu votre lettre; mais certainement il est si paresseux que quasi il pourroit entrer en compétence avec moi. Je le solliciterai d'achever ce que vous desirez , estimant infiniment l'honneur que vous me faites de me vouloir mettre en un lieu si digne comme votre cabinet. Mais souvenez-vous de ces babioles qu'il vous demande; car il n'y a rien qui le puisse tant exciter au travail que si vous l'obligez par quelque chose de bizarre '; et plus elle sera extravagante, plus elle sera selon son humeur * .
Nos nouvelles sont que Monsieur d'Orléans a cuidé n'être que Monsieur* sans queue; le Roi ayant dit, aussitôt qu'il fut né, qu'il ne vouloit point qu'il eût plus de dix mille livres de rente en fonds de terre, et que s'il servoit bien
Lettke i5. — 1. Voyez plus haut, lettre 7, p. i3, note 3.