Il y a choses et bizarres, au pluriel, dans le manuscrit
3. Voyez tome I, p. cxxiv et suivantes, la Notice sur les portraits de Malherbe.
4- N. de France, duc d'Orléans, second fils de Henri IV, né à Fontainebleau le 16 avril 1607, mort le 17 noAcmbre 1611, sans avoir reçu de nom.
son frère, il lui donneroit des pensions. Toutefois, hier
au matin, il dit qu'il voyoit bien que ce nom de M. d'Or- ^ **' leans étoit déjà tellement publié dedans et dehors le royaume , par les dépêches qui y avoient été faites, qu'il n'y avoit plus d'ordre de le supprimer; si bien que ce sera Monsieur d'Orléans, mais titulairement et non autrement. Il naquit le lundi , lendemain de Pâques, à dix heures du soir. Le Roi est extraordinairement transporté de cette joie; je pense que ce qui la lui accroît, c'est que l'on dit qu'il lui ressemble entièrement. En cette conformité, on remarque la grandeur du nez et l'éclair des veux du père. Dieu lui en donne la valeur et la bonne fortune ! La nuit d'entre le jeudi et le vendredi ensuivant, il fut vu par les gardes un certain feu en forme d'oiseau , qui s'éleva du jardin des Canaux , passa par-dessus le court * du Cheval et par-dessus le château, alla crever en le court du Donjon, à l'endroit de l'horloge, avec un grandissime bruit; on dit comme d'un pétard, mais s'il eût été aussi grand, il eût réveillé tout le monde, ce qu'il ne fit pas. Le Roi, comme cela lui fut récité, s'en réjouit fort, et dit que souvent devant des batailles et en des sièges de villes et autres entreprises, il avoit vu de semblables choses, mais toujours avec bonne issue, et qu'il espéroit que s'il avoit la guerre il feroit bien ses affaires.
Pour la Hollande, vous savez la trêve. D'autres nouvelles, il n'y en a point que la recherche des financiers, à laquelle les choses se préparent avec beaucoup de véhémence, le Roi s'y étant résolu malgré quelques-uns de son conseil, et nommément de celui que l'on croit y ' pouvoir le plus.
J'envoye à Monsieur le premier président un avis d'un
5. Le court, la cour. Trois lignes plus ;bas, on lirait plutôt s'il ayty que s'il eût,
Malherbe, m 3
nommé Bizet', qui promet d'accroître le revenu de la
' ^ ° ' France de quatre millions d'or tous les ans et davantage ; vous le verrez : c'est à la vérité une promesse émerveillable, et dont l'effet le sera encore plus, s'il réussit.
Voilà trop de choses sérieuses ; il faut venir à quelque chose de plus de goût. Mme la comtesse de Moret est à Moret, prête d'accoucher; le Roi la fait visiter continuellement, et lui-même y est allé une fois. M. le prince de Joinville est à Nancy'. M. de Lorraine* est amoureux, mais éperdument, d'une damoiselle' que vous avez vue ordinairement avec Mlle de Rohan , nommée Mlle de la Patrière*" -, elle est huguenote; et avec tout cela il l'alla dernièrement accompagner jusques au lieu de sa cène.
Quid non mortalia pectora cogis^ Cunni sacra famés ^' ?
Il n'a guère moins de quatre-vingts ans*^; je vous laisse à penser ce que cet exemple permet à ceux qui n'en ont que cinquante-trois ou cinquante-quatre.
6. La Bibliothèque historique de la France donne (tome II, n° 27680) l'indication suivante : Traité du domaine du Roi par Biset , contenant plusieurs avis, 2 vol. in-f°, manuscrit de la bibliothèque du président de Mesmes.
7. Suivant l'Estoile, il était exilé « pour soubçon de quelques amourettes entre lui et la comtesse de Moret. »
8. Le duc Charles II (ou III) de Lorraine était né en i543; il n'avait donc que soixante-quatre ans, et non pas quatre-vingts, comme le dit Malherbe quelques lignes plus bas.
9. Le mot est ainsi abrégé dans le manuscrit : dani-^^ ; à la ligne suivante, il y a : Madf^"; un peu plus loin : Madaw}^^
10. Elle mourut de la petite vérole au mois de novembre suivant. Voyez plus loin la lettre du 13 novembre 1607, p. Sa.