‹ Œuvres complètes;Chapitre 327 sur 436 · Il y avait d'abord et, qui a été corrigé en ou · texte numérisé non relu

Il y avait d'abord et, qui a été corrigé en ou

souper, et puis qu'il s'y en iroit. Le Roi lui répliqua : « Allez-y tout à cette heure, de peur qu'un autre ne la demande. » M. de Souvray y alla donc à l'heure même. La Reine lui répondit qu'elle Tavoit donnée dès le matin à M. de Brèves, toutefois que puisque c'étoit la première chose que le Roi avoit donnée, elle vouloit que M. de Frontenac l'eût. M. de Frontenac étant allé la remercier', elle lui dit la même chose. M. de Frontenac lui répondit qu'il n'avoit jamais eu autre volonté que la sienne et celle du Roi, et qu'il ne vouloit encore en ceci que ce qu'elle voudroit. La Reine lui répondit : « Vous m'obligez; vous en jouirez donc vous et M. de Brèves par moitié ; et la première qui vaquera, vous l'aurez, et celle-ci demeurera entière à M. de Brèves. » Je vous ai conté cette histoire tout au long, pource que, puisqu'on l'a contée ici diversement, on fera encore pis aux provinces ; je l'ai voulu savoir de M. de Frontenac même.

'Vous aurez ouï un bruit que M. le maréchal d'Ancre fut appelé* hier au soir de la part de M. de Longueville. Voici le fait à la vérité. Il y a quelques jours que ceux d'Amiens ayant remontré à M. de Longueville qu'un certain pont-levis qui est entre la citadelle et la ville, et que ceux de la citadelle lèvent tous les soirs , leur est nécessaire , à cause que n'ayant autre passage pour aller à la porte de Montrécu , cette porte, s'il y venoit quelque alarme de nuit, demeureroit sans défense , M. de Longueville un matin s'en alla ouïr messe en une église voisine, et en même temps envoya des charpentiers et serruriers pour arracher les chaînes de ce pont. Ceux de la citadelle, au nombre

7. Malberbe avait commencé par écrire a l'étant allé remercier, » puis il a biffé /*, et a ajouté la au-dessus delà ligne, devant remercier.

8. Malherbe avait mis d'abord a été appelé, puis à l'auxiliaire a été il a substitué fut.

de cinquante ou soixante mousquetaires , sortirent la mèche sur le serpentin, et pointèrent leurs canons vers la ville, disant qu'il falloit quitter le pont. M. de Longneville y voulut aller; toutefois il fut conseillé de n'en rien faire, de peur de quelque mousquetade. Il se retira donc à son logis. Toute la ville se mit en armes contre la citadelle ; mais il fit tant en parlant aux uns et aux autres, que chacun se retira et tout demeura en paix. Il en écrivit donc à la Reine par un gentilhomme nommé Montigny, qui arriva il y a cinq jours. Le même jour qu'il arriva, il ' fut voir M. le maréchal d'Ancre, et lui demanda, de la part de M. de Longueville, s'il avouoit ce qu'avoient fait ses soldats. Il répondit qu'il étoit le très-humble serviteur de M. de Longueville, mais que pour l'affaire dont il lui parloit, c'étoit chose dont il ne savoit du tout rien, et qu'il s'en informeroit pour lui en rendre réponse. La Reine dit au gentilhomme qu'elle envoyeroit quelqu'un à Amiens savoir ce que c'étoit, pour, après en avoir su l'importance, en ordonner. Le gentilhomme fut la Feuillade*", qui n'est parti que ce matin. Le gentilhomme de M. de Longueville hier au soir s'en alla trouver M. le maréchal d'Ancre, et lui dit qu'il pouvoit avoir eu réponse de la citadelle, et qu'il le prioit derechef de lui dire ce qu'il rapporteroit à son maître. 11 lui dit que pour l'intérêt du Roi, que c'étoit chose à quoi il ne vouloit pas toucher, et que si ses soldats a voient fait quelque chose mal à propos il les désavouoit comme étant très-humble serviteur de M. de Longueville. Cependant M. le maréchal d'Ancre étant sorti hier, sur les neuf heures, de sa maison, avec son

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