‹ Œuvres complètes;Chapitre 329 sur 436 · A Paris, ce S* d'octobre · texte numérisé non relu

A Paris, ce S* d'octobre

Monsieur, depuis ma dernière lettre, que je crois que vous recevrez par ce même porteur, il n'est rien suin^enu, sinon que M. le maréchal d'Ancre est revenu chez lui. Je crois qu'il s'en est fallu fort peu que toute la cour ne se soit offerte à lui. M. de Guise et M. d'Espernon en ont fait de même , en partie pource qu'ils croyenl qu'il y va de l'intérêt du Roi, et eu partie pource que, en la mort de Monsieur le chevalier, M. de Longueville n'a rien écrit à M. de Guise, et se contenta de lui en faire dire quelque chose par un gentilhomme qu'il envoyoit ici. D'avantage, M. de Guise se plaint que lorsque M. de Longueville vint trouver le Roi à Orléans, il y vint vêtu de vert * . Je ne sais ce que M. de Longueville répond là-dessus. Je vous avois écrit que l'on envoyoit le sieur de la Feuillade à Amiens; mais l'avis a été changé, et y a-t-oii envoyé M. de la Curée*. Nous attendons ici M. de Nevers pour la fin de cette semaine ; je l'ai ainsi appris d'un gentilhomme qu'il a envoyé ici ; et Mme la princesse de Conty m'a dit de plus que M. du Maine s'en alloit à Soissons pour l'amener. M. du Rouillon vient aussi au premier jour, et M. de Vendôme aussi ; il est guéri de sa petite vérole. Je vous avois écrit dimanche que l'on saignoit la Reine; mais il n'en fut rien : le chirurgien, qui s'appelle Boudot, que M. de Bassompierre lui avoit baillé, et qui l'avolt autrefois saignée fort bien et fort à son gré, la piqua deux fois sans avoir trouvé la veine. Lundi et hier on regarda encore s'il y avoit moyen de la saigner; mais on n'osa s'y hasarder, de peur de lui accroître la douleur qu'on lui avoit faite au premier état, qui avoit été tel

Lbttre 172. — I. Cest-à-dlre sans porter le deuil du chevalier. a. Peut-être le fils de Gilbert Filhet de la Curée, l'un des plus braves compagnons du roi de Navarre.

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qu'elle s'en étoil mise au lit. Je demandai hier à Mme la princesse de Gonty s'il étoit \rai que Monsieur le Prince eût demandé à M. le maréchal d'Ancre s'il étoit guisard; elle me dit qu'il étoit vrai, et qu'il étoit vrai qu'il avoit répondu qu'oui. Je l'avois déjà su d'ailleurs; mais pour en être plus assuré, je le voulus savoir de sa bouche. Ou ne voyoit point encore la Reine hier ; je ne sais si aujourd'hui on la verra : le principal est qu'elle se porte bien; mais je crois que pour cette fois elle perdra l'envie de se faire saigner. Adieu, Monsieur : je suis votre serviteur très-humble et très-obligé.

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