‹ Œuvres complètes;Chapitre 34 sur 436 · Comparez Virgile, Enéide, livre III, vers 56 et · texte numérisé non relu

Comparez Virgile, Enéide, livre III, vers 56 et

12. A la suite de ce membre de phrase, Malherbe avait d'abord écrit ces mots, qu'il a ensuite effacés : « et avec tout cela l'amour ne lui. 9

Mlle des Essarts a été malade quelques jours en cette ville. M. Laurens", par le commandement du Roi, écrivit à M. Martin ** de la voir avec soin en sa maladie, ce qu'il a fait. Je lui ai ouï dire qu'il l'estime grosse. Elle est aujourd'hui à une lieue près de Fontainebleau**, en un lieu nommé le Pressoir. Elle étoit assez bien auprès du Roi ; mais l'on doute de quelque brouillerie, parce que M. de Beaumont **, que sans occasion elle a voulu brouiller, et qu'en effet elle a brouillé en calomniant ses actions d'Angleterre, lui a rendu la pareille, parle moyen d'un grand nombre de lettres passionnées qu'il a fait voir au Roi qu'elle lui avoit écrites. Ce ne seroit jamais fait de vous écrire les changements de la maison de la reine Marguerite , non-seulement au commencement des quartiers , mais aussi au milieu ; c'est vous en dire assez que de vous dire que tout y va comme de coutume. Aussi bien est-ce trop écrit; aimez-moi, mais de cœur et d'âme, comme de cœur et d'âme je suis toujours

Votre plus humble et plus affectionné serviteur,

Fr. de Malerbe.

Dans*' huit ou dix jours nous nous en allons à Fontai-

i3. André du Laurens, premier médecin du Roi , né à Arles, mort à Paris le i6 août 1609.

14. Jean Martin , premier médecin de la reine Marguerite, né à Paris, mort en 1609.

i5. Dans la lettre du 17 juin 1608, Malherbe, au lieu de : « une lieue, » dit : o deux ou trois lieues. »

16. Christophe de Harlay, comte de Beaumont, ambassadeur en Angleterre de i6oa à 1607, mort en i6i5. On lit dans le Journal de l'Estoile, à la date du 21 juin 1607 : « M. Despinelle m'a donné des vers François assez bien faits sur la disgrâce du comte de Beaumont, à cause de la Haye, favorite de Sa Majesté. »

17. Ce post-scriptum a été écrit après coup par Malherbe à la

nebleau; si vous prenez la peine de m'écrire, vous adresserez votre paquet à M. Ycart , qui loge à la rue des Vieilles-Étuves, à l'Écu de France.

i6. — A Paris, ce aS^ de mai.

Monsieur, je reçus hier, chez M. le comte de Sault, votre lettre du i8^ d'avril. Vous me mandez que mon neveu de Margaillet * en seroit le porteur , mais je la reçus de M. Gasqui', qui disoit l'avoir des mains d'un nommé de Brengis. C'est un homme que je n'ai point vu , et que je ne connois point. Tant y a qu'elle m'a été rendue, et m'a infiniment réjoui de m'avoir assuré de votre bon portement, et de l'honneur que vous me faites de m' aimer toujours ; c'est à la fortune à me donner moyen de vous montrer combien je le désire, en me fournissant quelque occasion de vous servir. Pour le fait dont vous m'écrivez, je m'en informerai; et s'il est possible, je vous envoyerai l'arrêt. Cependant je vous dirai, pour le savoir fort bien, que la substitution est déclarée ouverte à M. le comte de Sault , et que la transaction faite avec feu Monsieur le comte son père tiendra. Si cela est, vous pouvez mieux que moi juger si vous pouvez être troublé, car ce sont matières de palais, auxquelles, comme en

place blanche qu'il avait laissée entre les mots 'e suis toujours, et la formule finale Fotre plus humble, etc.

Lettre i6. — i. Claude Margalet ou Margaillet, fils d'Anne de Coriolis, sœur de la femme de Malherbe et veuve de Pierre Margalet. Il était conseiller à la cour des comptes du parlement de Pro- Yence.

a. Il y avait alors trois gentilshommes de Provence du nom de Gasqui : Melchior Gasqui, capitaine d'une des galères du Roi, commandant de Bregançon (Var), et ses deux fils, Joseph et Honoré.

LETTRES A PEIRESC. Sy

une infinité d'autres , je suis le plus ignorant homme du monde. Ne doutez point que je ne fasse tout ce que je pourrai pour savoir ce que vous en devez ou craindre ou espérer. Le bruit de ce que je vous avois écrit touchant Monsieur le premier président continue, et depuis quinze ou vingt jours s'est fort augmenté*. Quelqu'un m'a dit avoir ouï de M. de Guise que le Roi lui* en avoit fait une dépêche. Ce prince est un peu suspect de n'être pas trop bon auteur ; mais cela étant confirmé par beaucoup d'autres, il n'est pas hors d'apparence de le croire. Le Roi a été ici quelque* trois ou quatre jours; il s'en alla vendredi. Mme de Nemours* étoit décédée la nuit précédente ; toute la cour sera pleine de deuil, je veux dire aux habits, car le long temps qu'elle a vécu semble dispenser ses plus proches de s'en affliger. Cependant que le Roi a été ici, il n'a point vu Madame la marquise ', en quoi il a trompé beaucoup de gens , et peut-être elle la première. Le Roi s'en alla dans le caiTosse de Mlle de la Haye ' ; Monsieur le Grand s'en alla avec lui, et revint hier en poste, et s'en retourne demain. Il a eu commandement du Roi d'aller voir IVDle de la Haye de sa part. Nous nous en allons tous à cet infortuné Fontainebleau. Je vous jure, sans une méchante affaire que j'ai, je me fusse paré de ce voyage, car Paris est une douce demeure ; et à propos de cela souvenez-vous de la fleur d'orange, je vous en supplie, Monsieur, et que ce soit

3. M. Bazin conjecture qu'il s'agissait de charger M. du Vair de l'éducation du Dauphin.

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