‹ Œuvres complètes;Chapitre 351 sur 436 · A Paris, ce 6* de mai · texte numérisé non relu

A Paris, ce 6* de mai

Monsieur, je vous écris toujours en hâte, mais je n'en eus jamais de si pressée que cette-ci; contentez-vous donc de ce peu que vous trouverex en ce paquet , car aussi je suis fort troublé de n'avoir point de nouveUes de ma femme. Avec un plus grand loisir et un plus grand repos d'esprit, je vous écrirai de plus longues lettres, et ferai réponse à Monsieur le premier président : cependant vous l'assurerez de mon affection à son très-humble service, et continuerez de me croire ce que je suis*, votre trèshumble et très-obligé serviteur.

i85. — De Paris, ce i7« de mai*.

Monsieur, je vous écrivis, il y a huit ou dix jours, ce peu que je savois de nouvelles, et vous promis de vous en mander davantage par la première voie ; mais certainement je suis si troublé de l'incertitude où je suis de la santé de ma femme, que je ne sais ni que je fais ni que je dis. Je remettrai , avec votre congé, ce discours à une autre fois : ceci ne sera que pour me recommander à vos bonnes grâces, et Marc-Antoine à votre protection. Tout ce que je vous saurois dii'e, c'est que l'on s'en va dans six semaines ou deux mois faire le voyage de Bayonne pour aller quérir la Reine' et mener Madame. Il y a trois ou quatre jours que Monsieur le Grand eut commandement de faire hâter ce qui dépendoit de lui ; il a assuré la

Lettre 184. — i- Malherbe avait mis d'abord : « ce que je vous sui» ; » puis il a effacé vous.

LExrRB i85. — I. L'original de cette lettre a disparu du manuscrit de la Bibliothèque impériale; mais nous l'avons trouvé dans une coUeclion particulière et nous avons pu le collationner.

a. Anne d'Autriche.

Reine que tout sera prêt dans un mois. Je ne crois pas que je fasse le voyage ; je me résoudrai suivant les nouvelles que j'aurai de Provence : Dieu me les donne bonnes ! mais quelles qu'elles soient, je me veux retirer. Adieu, Monsieur : aimez-moi toujours, s'il vous plaît, et me le témoignez en la personne de mon fils, qui vous sera un jour. Dieu aidant, ce qu'est son père, votre serviteur très-humble et très-affectionné,

Malherbe.

Je baise très - humblement les mains à Monsieur le premier président , et suis son très-humble serviteur.

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