Du Vair
5. Il y a diverses corrections dans cette ligne et les deux suivantes, qui étaient d'abord ainsi rédigées : « je fasse quelque ouvrage qui me décharge en quelque manière, non de ce que j'ai sur le cœur.... mais de l'opinion d'ingratitude, etc. »
conséquence de cet arrêt, je n'ose vous en importuner; mais s'il vous plaît en solliciter M. Salomon, qui a acheminé TafFaire là où elle est, vous m'obligerez infiniment. Il faudra, s'il vous plaît, que ce soit M. de Pisieux qui les expédie, et non autre, pour une occasion que je vous dirai à notre première vue. Cela vient assez à propos, pource qu'il est en mois, et que c'est lui qui fit la réponse de mon placet. Pour la Conchine, je crois que vous aurez loisir de la voir en ses beaux atours, car à ce que m'ont dit des gens* qui le doivent bien savoir, la chose ira jusques à samedi ' .
Je baillai hier moi-même votre lettre à M. Servin. Il avoit pris médecine, ce qui me donna loisir de l'entretenir deux heures. Aussi fut-ce là que j'appris des nouvelles de cette affaire. Il me dit qu'il ne vous écrivoit point et que vous auriez entendu de M. de Modène' tout ce qu'il vous en pouvoit mander. Je reçus hier sur le midi votre papier et m'étonnai qu'étant recommandé comme il étoit, il fût demeuré si longtemps par les chemins ; cela m'a fait douter de vous répondre par la voie de la poste, que je voyois si mal assurée; d'ailleurs ayant eu l'honneur de dîner avec Mme Aleaume, à laquelle j'avois baillé votre lettre dès hier, j'ai appris d'elle que Monseigneur le garde des sceaux avoit écrit à M. Ribier
6. Malherbe avait commencé par écrire : a à ce que j'appris hier de gens ; » puis il avait remplacé p appris de gens par me dirent des gens; à la fin il a changé me dirent en m^ont dit. — Six lignes plus loin, entendu a été substitué à appris.
7. La plaisanterie est cruelle : la maréchale d'Ancre fut suppliciée le 8 juillet.
8. François de Raimond de Mormoiron, baron de Modène, d'une famille du Comtat-Venaissin. Parent du duc de Luynes, il fut chargé de diverses négociations en Italie, devint conseiller d'État (16 17), membre du conseil des finances (1620) et grand prévôt de France. II fut disgracié à la mort du connétable.
que mardi prochain il partiroit de Fontainebleau. Toutefois enfin je m'y suis résolu, afin que vous fussiez servi à votre gré. Je vous envoyé les lettres qui avoient été adressées par M. de la Guillaume chez M. Ribier. Elles étoient entre les mains de Mme Aleaume, qui faisoit difficulté de les vous envoyer, sur le bruit que la cour seroit ici au premier jour. Elles sont dans ce paquet. Si vous le recevez, vous les recevrez aussi. Mme Aleaume croit qu'elles viennent de M. de Riez *, et pour cette opinion ** avec la considération que je vous ai dite, elle ne s'étoit point hâtée de les vous envoyer. C'est, Monsieur, tout ce que j'ai à vous dire. Si vous voyez M. de Racan", vous lui direz, s'il vous plaît, qu'il ne s'en aille pas chez lui, sans voir un spectacle qui vaut bien que Ton vienne du bout de la France pour le voir**.
Adieu, Monsieur : je vous baise bien humblement les mains, et suis votre très-humble et très-obligé serviteur.
20I. — A Caen, ce 8' de juin. ^g^^
Monsieur, il y a cinq ou six jours que je reçus par votre moyen une lettre de M. d" Agut, dont je vous remercie et vous supplie très-humblement que me continuant cette même affection, vous preniez le soin* de me faire tenir les lettres qui me viendront de Provence. Je suis honteux et