Barclay venait de mourir à Rome
4> Auprès pensois, il y a le mot partir, rayé; dans le membre de
■ suis encore accroché ici, à mon avis, jusqu'au 20® ou 25*. J'écris encore un petit mot à ma femme, que vous lui ferez tenir, s'il vous plaît. Je ne doute point que vous n'ayez été bien étonné de lire ce que je vous écrivis® : mais qu'y feriez-vous? qui ne sait dissimuler ne sait pas* régner ou plutôt ne sait pas vivre. C'est un art bien fâcheux à ceux qui ont du courage, mais nécessaire à tout le monde. J'attends ici le retour du prieur de l'abbaye de Saint-Etienne pour faire peindre les armoiries de son abbaye; je crois que ce sera dans huit ou dix jours : cela fait, je les ferai extraire, et les vous porterai moi-même, Dieu aidant, avec quelque autre pièce, si je la recouvre. Adieu, Monsieur : je me recommande de tout mon cœur à vos bonnes grâces, et vous supplie de me continuer toujours le même honneur de votre bienveillance, comme je continuerai la même affection de votre très-humble et très-affectionné serviteur.
a 10. — A Caen, ce jeudi i4* d'octobre.
Monsieur, si vous avez été quelque temps sans avoir de mes lettres, n'en imaginez point, s'il vous plaît, d'autre cause que la faute des messagers. Je reçus hier vos dernières, du 9* de ce mois, et avec elles toutes les nouvelles dont vous avez pris la peine de me faire part; je les ai aujourd'hui fait voir à M. le marquis de Mauny, qui s'informoit tous les jours si j'en avois point reçu, et soupçonnoit ou que vous étiez hors de Paris ou que vous étiez malade, pource que j'avois été quelque temps plus que
phrase suivant, ye a été substitué à ;>, et ici a été ajouté au-dessus de la ligne ; les dates sont en chiffres romains : xx«, xxv«.
5. Allusion aux lignes en chiffre de la lettre ao8, p. 55a. -. 6. Pas a été ajouté dans l'interligne.
de coutume sans en recevoir. Il avoit reçu des lettres*, il y a deux jours, de M. Ruscellaï» ; mais il lui en mandoit beaucoup moins que vous à moi. Il lui envoyoit aussi son livret ; ce qui me fait croire, ce que vous m'avez écrit, qu'il en étoit l'auteur. Je vois bien que le siège de Montauban ' sera plus long que l'on n' avoit pensé ; car ni en ses lettres ni aux vôtres je ne vois point qu'il se soit fait aucun progrès de notre côté. Dieu continuera, s'il lui plaît, ses bénédictions sur le Roi et sur ses armes, et nous donnera le même succès de cette entreprise qu'il a fait des autres. Cela étant, il ne faut pas avoir peur de tiers parti; mais attendant que cela soit , je ne doute point que les brouillons ne vivent en quelque espérance de renouveler les desseins que tant de fois ils ont tentés inutilement. Nous n'avons point vu ici M. de Nevers. M. de Longueville est venu à Alençon pour y éteindre quelque feu qui sembloit s'y vouloir allumer. M. de Matignon y est venu aussi de son côté ; mais, grâces à Dieu, ils ont treuvé la besogne bien avancée. Je ne doute point que vous n'ayez eu votre part des faux bruits que nous avons eus ici; j'en fais la conjecture par les bourdes que l'on nous a contées sur ce sujet, et crois qu'en étant plus éloignés que nous ne sommes, on a été plus hardi à vous dire des mensonges. On nous a tantôt dit qu'il y avoit deux mille hommes, tantôt huit cents*; chacun se dépêchoit d'en conter selon sa peur ou selon son désir. On y envoya de cette ville im espion , qui rapporta qu'ils pouvoient être
Lettbk aïo. — I. Au lieu des mots : « Il aroit reçu des lettres, » Malherbe avait d'abord mis : « Il en avoit reçu. »
a. Louis (ou Jean) de Ruccellaï, fils d'un banquier de Florence, mort au siège de Montpellier en octobre i6aa. Il était clerc de la chambre apostolique et (lôsa) abbé de Saint-Maixent-sur-Sèvre.
3. Le siège de Moutauban fut levé par les troupes royales le a novembre i6ai.