‹ Œuvres complètes;Chapitre 392 sur 436 · L'autographe porte ici les mots et temtot, effacés · texte numérisé non relu

L'autographe porte ici les mots et temtot, effacés

cent cinquante ou environ , et que leur retraite étoit en une forêt nommée la forêt d'Andeine^, assez près d'Alençon, et s'en alloient \ivre par troupes dans les lieux circonvoisins; mais qu'ils se promettoient bien d'être en peu de j ours un beaucoup plus grand nombre, et qu'ils avoient dessein sur Falaise, Argentan, Domfront et Alençon. Je ne sais certes à quelle fin, et ne vois point qu'ils puissent faire autre chose que voler et piller le plat pays. Le gouverneur d' Alençon fut le premier à eux, et, à ce que l'on dit, en tua quelque dix ou douze, et en prit bien autant. Ce qui leur a donné échec et mat a été la mort d'un nommé Montchrestien', qui étoit le directeur de toute cette affaire, et alloit deçà delà par les maisons des huguenots, s'assurant d'hommes et d'argent pour dresser son armée imaginaire. Après qu'il eut bien rôdé par ces quartiers-là, enfin il vint, il y a aujourd'hui huit jours, sur les huit heures de soir, accompagné de six autres gens de même qualité, à une hôtellerie d'un lieu nommé les Tourailles^ qui esta douze lieues d'ici. Aussitôt l'avis en fut donné au seigneur du lieu, auquel appartenoit l'hôtellerie ; il s'y en vint à l'instant avec quinze ou vingt mousquetaires. Montchrestien et ses compagnons se défendirent si bien qu'ils tuèrent les trois premiers qui se présentèrent à la porte de sa chambre , entre lesquels étoit un gentilhomme nommé l'Escarde , de cette ville , fils unique de sa maison, et riche de cinq ou six mille livres de rente, qui fut apporté ici, où il fut inhumé ' hier

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