LETTRES DE M. DU BOUILLON
rerai pour jamais, Monsieur, votre très-humble et trèsobéissant serviteur, ,
Du Bouillon.
a. — [De'] Caen,ce a6« octobre [i6aa].
Monsieur, je vous dois mille remerciements, non-seulement du soin qu'il vous plaît prendre de me faire tenir les lettres de mon cousin Malherbe, mais de votre bienveillance particulière en les voulant accompagner des vôtres et de vos agréables nouvelles. Nous étions ici fort en peine pour le bruit de paix qui couroit*, et on nous le faisoit si confus, que nous n'osions y ajouter encore beaucoup de foi ; mais à présent que nous en voyons les particularités, nous en prendrons plus d'assurance. Ceux qui faisoient des vœux pour la prospérité des armes du Roi ne s'imaginoient pas que le parti de la religion se pût relever du penchant de sa ruine ; mais Montauban et la Rochelle subsistants, et M. de Rohan dans son pouvoir et avec crédit et autorité dans ce parti, c'est encore une seconde table' dans le débris de leur naufrage. Il ne nous appartient pas d'entrer dans le cabinet, ni d'enquérir les causes et les motifs des conseils et des résolutions de nos rois, pource que Dieu leur a donné un pouvoir absolu dans leur État, et nous a laissé seulement la gloire de l'obéissance ; mais la Uberté françoise qu'ils ont concédée à leurs peuples fera contrôler les articles de cette paix. Toujours les plus sages et les plus judicieux l'estimeront bonne si elle est durable. Je regrette qu'en revanche de vos courtoisies je ne puis vous mander quelque chose
Lbttbb a. — I. Il y a ici un trou dans le papier.
a. La paix fut conclue à Montpellier en octobre i6aa.