De Caen, ce 3o' octpbre
Monsieur, je ne vous ai pas assez servi pour mériter les faveurs que je reçois continuellement de vous. Si je ne le fais pour l'avenir, accusez-en plutôt mon impuissance que le manque d'affection. Si j'étois en quelque autre lieu, je pourrois espérer qu'il se présenteroit quelque occasion de revanche; mais étant relégué ici comme au coin le plus reculé du monde, il ne se faut rien promettre d'un banni. Votre courtoisie aura toutes les qualités désirables en un vrai bienfait : vous donnez pour n'en rien attendre; mais puisque votre inclination vous porte à obliger les personnes qui vous honorent, pardonnez, s'il vous plaît. Monsieur, à la liberté que je prends d'exiger encore cette particulière faveur de votre bonté. Nous sommes en ces