De Caeo, ce 24 novembre
Monsieur, je vous remercie très-humblement du soin qu'il vous a plu prendre de nous envoyer les articles de la paix. Jusques à ce que nous les ayons vus, nous n'ajou-
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lions pas une pleine foi à cette bonne nouvelle ; mais d'autant que dans le contenu d'iceux il n'est point parlé de Montauban ni de la Rochelle, nous estimons qu'il y a quelque chose de plus secret pour ces villes-là. On nous a ici écrit de Rouen et de Saint-Malo que l'armée navale a choqué les vaisseaux de la Rochelle, et qu'il y a eu vingt navires pris et douze coulés à fond, et deux mille soldats arrêtés prisonniers. Si cette victoire* étoit véritable, cet heureux succès relèveroit la gloiie de M. de Guise; mais parce que vos mémoires n'en portent rien, je crains^ fort de la vérité de cette histoire : elle seroit assez d'importance et en considération pour s'en souvenir; à joindre qu'il est croyable qu'elle seroit aussitôt arrivée à Paris que publiée ici. Depuis ma dernière, il n'est rien survenu de nouveau en cette province qui soit digne de vous. On espéroit que les états tiendroient à Lisieux, à cause de la contagion de Rouen; mais M. de Longueville, qui est allé treuver le Roi à Lyon, fait croire qu'ils seront assignés en un autre lieu et à une autre saison. Je vous baise bien humblement les mains, et suis, Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur,
Du Bouillon.