Voyez tome I, pièce xxv
33, — A Paris, ce 17* juin.
Monsieur, je vous proteste que je n'ai point de nouvelles ; s'il y en a quelques-unes, elles sont si communes qu'elles ne valent pas la peine de les écrire. Le Roi est ici depuis cinq ou six jours avec grand déplaisir des dames, qui ne vont jamais aux Tuileries tant qu'il est en cette ville. Dans trois ou quatre jours, et peut-être dès demain, il les délivrera de cette peine. Le mariage de M. de Vendôme et de Mlle de Mercœur * est accordé. Mme de Mercœur par le marché a la place de feue Mme de Nemours*, en la maison de la Reine. Mme la comtesse de Soissons' accoucha d'une fille il y a deux jours; elle croit que ce fut avant terme : toutefois c'est une fille, voilà pourquoi il ne s'en parle pas autrement. Mlle de la Haye est encore à Fontainebleau, c'est-à-dire au Pressoir, qui est à deux ou trois lieues du château. Le Roi lui a cassé son train qui étoit demeuré en cette ville. Il ne l'a point vue depuis cinq ou six semaines qu'il est par delà. Je vous entretiens de ces nigeries*, à faute de quelque chose de meilleur; mais je ne voulois pas que ce porteur s'en allât sans vous porter quelque chose de ma part, afin que toujours vous ayez quelque objet qui vous ramentoive que je suis votre très-affectionné serviteur.
Lettre 33. — i. César, duc de Vendôme, épousa en juillet 1609 Françoise de Lorraine, duchesse de Mercœur, d Étampes et de Penthièvre, princesse de Martigues et fille unique de Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, et de Marie de Luxembourg. Ce mariage rencontra de grands obstacles de la part de Mlle de Mercœur. — Malherbe écrit ici Mercure, ailleurs Mercueur.
a. Voyez lettre 16, p. 37, note 6.
3. Anne de Montafîé, femme de Charles de Bourbon, comte de Soissons. La fille dont parle Malherbe, Charlotte- Anne , mourut en 1623.