‹ Œuvres complètes;Chapitre 56 sur 436 · De Fontainebleau, ce 3o* juillet · texte numérisé non relu

De Fontainebleau, ce 3o* juillet

Monsieur, vous n'aurez que ces quatre ou cinq lignes de moi : ce n'est pas ce que mériteroit votre dernière lettre, aussi longue que pleine de toutes sortes de courtoisie ; mais c'est ce que je puis parmi le tumulte où nous sommes. Le Roi s'en va ce soir à Paris, et Monsieur le Grand avec lui; pour* nous, nous allons droit d'ici à Sens, où il * nous reviendra trouver pour aller en Bourgogne. Ce sera un voyage de trois mois , ou plutôt de trois siècles ; mais il faut avoir patience : ce qui m'y sera le plus dur, ce sera d'être en un lieu où il me sera malaisé d'avoir des nouvelles de mes amis. Si vous prenez la peine de vous souvenir de me donner des vôtres , vous adresserez vos lettres à M. de la Mole, au Soleil d'or, rue de Grenelle , et il me les fera tenir, suivant l'ordre dont nous sommes demeurés d'accord. Je suis marri que je n'ai du loisir pour boufTbnner avec vous de cet ambassadeur don Diego', de son carrosse tiré par six mules, de leurs mallettes sur les arçons de devant, et de la huée que firent assez insolemment messieurs les laquais, à ce beau spectacle, dans la cour du Donjon. Mais il faut penser à partir ; le désordre où ce soin met toutes mes actions m'excusera de ^ous écrire plus au long, et avec cette même raison vous m'excuserez, s'il vous plaît, à

Lettre 34- — i* Les mots pour^ et un peu plus loin <f ici, sont eu' interligne.

a. //, Monsifur le Grand, gouverneur de Bourgogne.

3. L'ambassadeur de Philippe II s'appelait non pas don Diego, mais don Pedro de Tolède. D était connétable de Castille, général des galères de Naples et parent de Marie de Médicis. Il arriva à Fontainebleau, suivant l'Estoile, le 19 juillet au soir, et trois jours après à Paris. Son entrée a donné lieu à un pamphlet très-piquant publié dans la Bibliothèque de F École des chartes (i844> P* 344) par E. de Fréville, qui n'a pu en découvrir l'auteur.

Monsieur le premier président. Si je ne lui écris, je ne laisse pas d'être son très-humble serviteur et le vôtre.

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