Paris, février
Monsieur, afin que vous ayez part aux carrouselles', je vous prie de penser à quelque belle devise; j'y penserai de mon côté, mais j'ai tant de besogne taillée que je ne sais où donner de la tête. Pline et Piérius' vous en fourniront quelque sujet, si vous voulez voir leurs tables sous le nom d'amour; car c'est là qu'il faut que tout se rapporte. Je vous baise bien humblement les mains. Excusez-moi si je vous suis importun ; mais qui ne le seroit en une occasion où cinquante chevaux de la taille du mien ne fourniroient pas ? Il faut recourir aux amis et je sais
Lettre i . — i . Peiresc était alors à Paris, où il était venu avec Malherbe dès l'année précédente. Voyez au tome 1 , la Notice biographique, p. xxn. La date de celte lettre et de la suivante nous est donnée par la cote (février ifiofi) mise au dos par Peireso.
a. Le carrousel eut lieu à Paris le iS février 1606. Voyez tome 1, pièce XX, les vers que IMalherbe fit pour cette fête.
3. Malherbe veut saus doute parler des Uieroglyphica de Joannes Pit-rius Valerianus, ou Valériane Bolzani, de Belluna, mort en i558, à Tàge de quatre-vingt-un ans. Il en existait une traduction française par Gabriel Chapuis (Lyon, 1576).
Malubkbe. m I
a LETTRES A PEIRESC.
bien que vous êtes des miens. Aussi suis-je votre trèshumble serviteur.