C'est-à-dire les enfants de M. de Créquy, son gendre
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mains, et ont tant perdu de leur grâce que je fais con-
^^ science de vous en rien dire. Le président Richardot étoit venu ici faire une ambassade, dont la mort lui a ôté le moyen d'en porter la réponse à son maître; il mourut tout aussitôt qu'il fut arrivé à Arras. Il étoit venu prier le Roi de ne se mêler point des affaires de Clèves, et parloit de quelque mariage des enfants de France et d'Espagne, mais sans charge, et seulement de sa part. Il lui fut répondu au premier point que le Roi n'abandonneroit pas ses amis, si on ne les contentoit de ce qui justement leur seroit dû ; et pour le second , puisqu'il n'en avoit point de charge, que ce seroit chose superflue d'en parler ; que lorsque le roi d'Espagne lui en feroit l'ouverture, il aviseroit ce qu'il y devroit répondre. Mardi dernier, le contrat de mariage de M. le marquis de Rosny et de Mlle de Créquy fut lu à l'Arseuac, en la présence du Roi et de la Reine, qui le signèrent, et nul autre pour l'heure. Voilà tout ce qui s'y passa, sinon que le Roi commanda aux amoureux de se baiser. On dit qu'ils seront mariés au premier jour. Je vous en dirois plus particulièrement des nouvelles; mais depuis la mort du pauvre comte de Sault, que j'aimois de tout mon cœur, je ne vais guère là dedans, si bien que je ne vous puis rien dire de l'affaire du testament* ; bien ai-je ouï dire qu'ils n'en font
Lettre Sa. — i. Un passage d'une lettre inédite de Peiresc, en date du 4 septembre 1609, nous explique la phrase de Malherbe : a Tout le monde, dit Peiresc, admire la fortune de M, de Vins, lequel a trouvé un testament fait à Compiègne par messire François, comte de Sault, son grand-père, avant que aller à la bataille de Saint-Denis, où il mourut, lequel institue son fils héritier, lui substitue les mâles de sa descendance , et venant à faillir lesdits mâles, leur substitue son frère Jean.... et, après lui et sa race masculine, son autre frère, et à leur défaut la fille aînée qui restoit , feu Mme de Vins et ses enfants mâles , dont l'aîné est M. de Vins. » — De plus on lit dans VÉtat de la Provence par Robert, tome III, p. 292 (article Fins) : « François
pas grand cas, et qu'ils croyent que le testateur ne pouvoit rien donner. Nous avons ici force ambassadeurs allemands : l'un de l'Empereur, et les autres des ducs de Brandebourg et comte palatin, tendants à diverses fins. Je vous en dii'ai plus de particularités dans deux jours; car j'espère demain dîner avec un homme qui en sait autant de nouvelles que nul autre. Pour l'inscription que vous desirez', je la baillai à Mme la duchesse de Rohan, qui éloit au cabinet lorsqu'elle y fut lue ; elle ne sait ce qu'elle en a fait. Je verrai de la retirer si je puis, et satisferai à votre désir, comme aussi à ce que vous m'écrivez de la lettre du P. Gontier ' ; mais je crois qu'il ne soit pas ici. Le Roi et la Reine s'en allèrent hier à Fontainebleau,
de Vin», marquis de Vins, né l'an iSyS, est le premier de cette famille qui fut obligé de porter le nom et les armes d'Agout, comme ayant succédé à Louis d'Agout, comte de Sault,son cousin germain, mort sans enfants l'an 1608, et auquel il étoit substitué en vertu du testament de François d'Agout son aïeul, seigneur de Sault, du 7 octobre 1557, lequel, au défaut de l'un de ses enfants mâles, substituoit les enfants mâles de sa £lle aînée, laquelle fut Marguerite d'Agout, femme d'Hubert, seigneur de Vins. C'est pourquoi François de Vins ayant obtenu l'an 1627 ^rrêt d'ouverture de cette substitution, prit le nom et les armes d'Agout , que ses descendants ont continué de porter. Il obtint l'érection de la terre de Vins en marquisat l'an 164 1, et mourut l'an 1648. 0
a. Le 4 septembre 1609, Peiresc avait écrit à Malherbe : « Monsieur le premier président me montra longtemps y a son inscription, mais depuis la minute s'est tellement égarée que nous ne la saurions retrouver. Je vous prie de nous en envoyer un extrait et de n'oublier pas vos gloses librement entre vous et moi , car elles ne me passeront pas plus avant. » — Voyez plus haut, lettre 49» p. 99»
3. Le jésuite Jean Gonthier, mort en 1616. On lit dans la lettre de Peiresc que nous venons de citer : « Le P. Gonthier écrivit dernièrement une belle lettre à Monsieur le premier président sur le sujet de cet infâme livre de la Justice terrassée aux pieds du Roi (voyez la note 4 de la lettre suivante, p. 1 10). Il lui fit réponse et en si beaux termes, que je ne crois point qu'il se puisse rien voir de mieux ni de plus modeste, vu la gravité de l'offense. »
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d'où ils ne reviendront que pour la couche de la Reine, qui entrera en son neuvième mois au 23* du mois qui vient. Mme de Leu ville * est mal extrêmement de la vérole, j'entends de la petite. Je vous dis cette nouvelle, pource qu'elle est sœur du sieur de Fontenay, que vous connoissez. Cela étonne fort nos belles, car elle étoit du nombre. Mme de Montpensier a été à l'extrémité; mais, grâces à Dieu , elle est hors de danger. Mlle du Maine avoit craint d'avoir la petite vérole; mais il s'est trouvé que ce n'étoient qu'ébullitions de sang. Si je ne suis au bout de nos nouvelles, je suis au bout de celles dont il me souvient. Faites-en, s'il vous plaît, part à M. le premier président de la Ceppède, et l'assurez toujours de ce que je lui suis. Je ne vous dis rien de Monsieur le premier président, pource que je le tiens encore à Antibes. A son retour, il se fera sûrement quelque chose qui me donnera sujet de lui écrire : pour ce coup, c'est assez ; j'ai la main si lasse, que je ne sais si vous pourrez lire mon griffonnage. Pardonnez-moi , Monsieur, et me tenez toujours pour votre plus humble et plus affectionné serviteur.