‹ Œuvres complètes;Chapitre 91 sur 436 · Sans date · texte numérisé non relu

Sans date

Monsieur, je voudrois bien vous écrire une longue lettre ; mais ma paresse et Fopinion que Talarme que ce messager me donnoit de son partement étoit fausse m'ont fait différer jusques à cette heure qu'il est sur le point de partir. Depuis ma dernière lettre ^ nous avons eu une fille; je crois que la Reine accouchoit quand je Técrivois'. Le poteau dont je vous écrivois a été replanté par M. de Boisse*, sans attendre autre commandement de Sa Majesté. Je ne pense pas qu'on l'ôte plus; car il a fait dire à ceux du Comté que si l'on y touche, il ira brûler les faubourgs de Dole * . Ceux qui vous ont dit que l'édit des habits n'est point publié ici vous ont dit vrai. 11 ne s'y porta jamais tant de clinquant, ce qui vient à mon avis que les marchands qui s'en veulent défaire en font bon marché, et le baillent à crédit, qui est ce que demandent les gens de cour. On tient que M. de Guise devoit hier arriver à Montargis; il y avoit assigné M. Bigot. Je ne saurois à cette heure vous en dire davantage. J'écris en la présence du messager, et par conséquent en désordre. Excusez-moi donc et m'aimez à bon

Lettre 55. — i. La cote mise au dos par Peiresc porte 29 décembre : ce qui ne saurait être la date de la lettre ; peut-être a-t-il voulu écrire 29 novembre.

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