Le 6 décembre
18. A cette lettre est joint un papier qui contient le quatrain de la main de Malherbe, ou du moins d'une écriture qui ressemble fort à la sienne, et une rédaction différente de ce passage :
« L'on fait courre en cette cour ce quatrain, que l'on dit être tiré des Centuries de Nostradamus :
Cinq décades et sept n'auront borné la course Du grand lyon celtiq, qu'un jeune lyonceau Aveque sa lyonne s'en yra devers l'Ourse Et fuytif tranchera du rival le fuzeau.
« Je vous prie, Monsieur, voyez les Centuries, et prenez la peine de le chercher, et de me mander si vous l'y aurez trouvé. »
Au dos du second feuillet de la lettre, Malherbe a écrit : « Le» damoiselles sont Chateauvert et Sarteau. » Voyez ci-dessus, p. 118. Le nom de Chateauvert est en abrégé dans le corps de la lettre, et celui de Sarteau n'y est pas très-lisible.
laa LETTRES A PEIRESC.
-ce me semble, fait trêves de cérémonies. Je m'assure qu'en l'état où sont les affaires, on vous conte force billevesées par delà, et peut-être vous en dirai-je moi-même quelqu'une; mais au moins si je mens, c'est après des auteurs qui doivent savoir autre chose que ce qui se dit en la basse cour. Je vous ai mis tout ce que j'en sais dans un papier à part *, afin que plus aisément vous le puissiez communiquer à ceux que bon vous semblera. Je n'écris point à Monsieur le premier président, pource que je me suis retiré trop tard. Vous m'excuserez^, s'il vous plaît, en son endroit, et lui ferez voir les vers que je vous envoyé'. Le sujet vous apprendra pour qui ils sont faits. Ils ont été extrêmement agréables, et m'ont fait renouveler force belles promesses : Dieu sait quand j'en verrai quelque effet. Adieu, Monsieur ; le sommeil me presse. Avec plus de loisir, une autre fois vous aurez plus de discours.
Je me viens de souvenir qu'en votre dernière lettre vous me disiez qu'on faisoit par delà des contes des amours d'un homme de robe longue et d'une belle veuve*. Je vous jure, Monsieur, que ce m'est un énigme. Vous savez qu'en cette cour on ne parle point de gens qui portent cet habit-là, et que parmi nos galants, il leur seroit malaisé d'avoir bonne grâce auprès des dames. Si vous m'en écrivez plus clairement, je vous en ferai réponse plus particulière ; mais sans autre plus grande
Lettre Sy. — i. Voyez p. 124-128I