Malherbe avait d'abord écrit : « Vous m'en excuserez
3. Ce sont les stances : Que d'épines, Amour. Voyez tome I, pièce xtv, p. i58. Voyez à ce sujet diverses lettres de Valavez à Peiresc, dans le tome V de la Correspondance de celui-ci, à la Bibliothèque impériale (n°« 2, 6 et 7).
4. Peiresc avait écrit à Malherbe : « Il court ici certains bruits d'un mariage qui se traite de par delà entre une belle veuve et un homme de robe, lesquels font bien parler le monde. »
LETTRES A PEIRESC, laS
information, je vous puis dire qu'il ne se parle de rien à la cour qui soit ' ni près ni loin de ce que Ton vous en conte par delà. Vous m'obligerez de me mander ce que c'est, afin que j'en rie comme je crois que vous en riez. J'ai tourné les yeux sur toutes les veuves de la cour, mais je n'^ vois rien où je puisse soupçonner aucune recherche d'un homme de la qualité dont vous m'écrivez. J'ai montré votre lettre à M. de Valavez, qui en est aussi en peine comme moi; mais il n'y est pas tant comme pour la colère où vous êtes contre lui : je lui ai dit, et sais bien que j'ai dit vrai, que ce sont plaintes d'amour que les vôtres. Je m'assure que l'arrivée de M. de Lougan par delà vous aura satisfait sur tout ce dont vous vous plaigniez, et que vous aurez reçu par lui tout ce que vous desirez. Il y a longtemps qu'il* le vous eût envoyé; mais toutes personnes ne lui sembloient pas capables de porter sûrement et fidèlement des choses dont vous faites tant de cas. Pour le peu de fois que vous dites qu'il vous a écrit, il m'a juré que depuis son retour, et surtout depuis que la fin de son affaire lui a donné quelque relâche, vous devez avoir eu plus d'une douzaine de ses lettres, si bien que je suis d'avis que la paix soit faite entre vous; Je vous avois dit que ma lettre seroit courte, faute de loisir ; mais je me démens pour le plaisir que j'ai de parler avec vous. Dieu veuille. Monsieur, que ce soit quelque jour en présence ! et cependant croyez que je n'estime amitié au monde plus que la vôtre : vous me la conserverez, s'il vous plaît, comme à votre plus humble et plus affectionné serviteur à jamais.
6. Soit est écrit entre les lignes, au-dessus de approche, qui a été effacé.
fi. Au lieu de qu'il, Malherbe avait d'abord écrit : « que M. de Valavez. »
ia4 LETTRES A PEIRESC.
M, de Bouteville' revint samedi de Bruxelles, où il étoit allé vers Madame la Princesse de la part de Monsieur le connétable et de Mme d'Angouléme * . Il porta trois cents pistoles à Madame de la part de Monsieur son père. Je vous écris ceci pource que je sais bien que l'on vous contera l'affaire autrement. 11 ne pensoit pas trouver Monsieur le Prince à Bruxelles; mais il y arriva ' , revenant de ce voyage qu'il avoit fait à Liège et à Juliers. Il ne reçut guère bon visage de lui, et ne l'a pas reçu guère meilleur du Roi à son retour. Pourquoi ? cela ne se sait point : bien a-t-on ouï tout haut que le Roi lui témoigna qu'il n'avoit pas été bien servi, combien que je crois qu'étant fort sage et brave gentilhomme et fort serviteur de Sa Majesté, il a fait ce qu'il a pu ; mais les grands ne trouvent rien bon , si les choses ne succèdent à leur gré, et ne louent rien que par l'événement. Madame la Princesse douairière avoit envoyé son écuyer, M. Miette, vers Monsieur son fils, qui revint il y a trois ou quatre jours. H lui écrit qu'il s'est retiré en Flandres pour de bons sujets, et que s'il traitoit, il feroit toujours plus pour elle que pour nul autre. Je ne l'ai point vue depuis le retour de Miette, voilà pourquoi je n'en sais pas davantage. Bien fut-elle au Louvre, il y a deux jours, et supplia Sa Majesté de lui permettre d'aller vers Monsieur son fils ; mais le Roi ne l'a pas trouvé bon . On parle d'y envoyer M. le marquis de Cœuvres. L'on dit qu'il demande trois places en son gouvernement de Guienne : Blaye, le Château-Trompette et Bayonne. Il reçoit jusques ici force honneur et caresses là où il est ; aussi s'est-
7. Louis de Montmorency, seigneur de Boutteville, mort le 20 mars 161 5, à cinquante ans.