‹ Œuvres complètesChapitre 201 sur 237 · DA \T · texte numérisé non relu

DA \T

Aristocrates! bah! vieux mot! spectre abattu!

— Où sont-ils? qui sont-ils? à quoi les connais-tu?

M A RAT

C'est facile : les mains blanches et délicates, Les dentelles, l'habit de soie, — aristocrates! Quiconque est en voiture, ou sort de l'Opéra, Tient maison, a valets, chevaux et caetera. Aristocrate! — On peut le tuer sans scrupule.

Il va tomber épuisé dans le fauteuil qui est près de la cheminée à gauclie. Danton se rapproche de Robespierre, toujours assis; ils se regardent tous les deux avec stupéfaction.

DAXTOX.

C'est la pleine démence.

ROBESPIERRE

Atroce et ridicule !

DANTOX, allant à Marat, qu'il touche sur l'épaule, et lui parlant d'un ton compatissant.

La fièvre est dans tes yeux et brise ton accent;

Les persécutions ont enllammé ton sang;

Les cachots souterrains qui t'ont prêté leur ombre.

Ont laissé sur ton cœur quelque chose de sombre.

Repose-toi, Marat, et sache à ce propos

Que la Convention te permet le repos.

MARAT

C'est beaucoup d'intérêt; merci; je t'en dispense. Je ne suis pas encor si malade qu'on pense. Sois tranquille ; il me reste en ce corps si chétil' , Pour ôter plus d'un masque, un sang assez actif.

Il se lève.

Oui, j'ai vécu trois ans dans les caves funèbres; Conune l'oiseau de nuit, j'ai hanté les ténèbres;

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