SCÈNE DEUXIÈME
Ail! qu'il vaut mieux choisir un honnête garçon. Tout simple , et vous aimant de la bonne façon ,
— Gomme Gérinthe, ou bien Galaïs fils d'Ornithe.
HORACE
Une bête !
LYDIE
Il m'adore, et c'est un grand mérite.
— Il est jeune, il est beau.
HORACE
Hum ! pas tro}).
LYDIE
11 me plaît ; Cela sullit.
Regardant Horace.
D'ailleurs, on peut être plus laid.
HORACE
Va\ mille traits d'esprit sa causerie abonde ; Vous tiendrez les propos les plus jolis du monde.
LYDIE
On dit toujours très -bien ce qu'on sent. Les amours Vivent de sentiments, et non de beaux discours.
HORACE
S'ils vivent de sottise, ils ne feront pas diète.
LYDIE
Oh! Calais n'a pas tout l'esprit d'un poëte ;
Il ne sait pas , sans cesse occupé de ses vers ,
A tout ce qu'on lui dit répondre de travers :
Il ne veut pas frapper du front les toits célestes,
Pour avoir aligné deux ou trois anapestes ;
Il ne se change pas en cygne un beau matin ;
Mais il a du bon sens, — ce qui manque à certain.
HORACE
Eh ! prenez-le donc vite !
En vérité?
HORACE
Sans doute.
LYDIE
Fort bien. Votre conseil est Lon , et je le goûte.
Appelant Beroé.
Ueroé! tu sais bien ce jeune et beau gnrçon, Calais , qui toujours rôde sous ma maison ?
BEROE, venant vers Lydie.
Oui, oui.
LYDIE
Va le chercher. Dis-lui que je l'invite A souper; que je l'aime, et qu'il vienne au plus vite
BEROE.
J'y cours, madame.
HORACE
Attends, ma bonne Beroé.
Tu connais , n'est-ce pas , la charmante Chloé ?
BEROÉ.
Chloé, notre voisine?
HORACE
Oui. Passe chez la belle.
Et dis-lui que j'irai, ce soir, souper chez elle.
LYDIE, à Beroé, qui la consulte des yeux.
Va. Fais ce qu'il te dit. Je l'appi-ouve très-fort.
Sort Beroé.
HORACE
Comme c'est merveilleux d'être si bien d'accord !