‹ Œuvres complètesChapitre 99 sur 237 · PHILIPPE, GUILLAUME DES BARRES · texte numérisé non relu

PHILIPPE, GUILLAUME DES BARRES

PHILIPPE

Va dormir maintenant, roi qui ne peux rien faire! Attends, roi fainéant, qu'on te désigne un maire!

— Oh! lorsqu'il faut agir, perdre mon temps, oisif! Dévorer ma pensée! — Autant m'enterrer vif!

— J'ai cependant en moi la fierté de me dire Que mon idée est vaste, et que j'y peux suffire; Je ne m'étonne pas d'un royaume à fonder:

Je sais longtemps attendre et vite décider;

— Et je viens me briser ainsi, moi, contre un liomine ♦Jui n'a pas dix soldats dans sa ville de Rome,

Et qui, calme et superbe, assis dans son fauteuil, Al' impose, d'un seul mot, son immobile orgueil! Vainement je frémis de cette servitude ; /Vutour de ma colère il fait la solitude, Et ma fureur s'accroît encore, de manquer D'un ennemi présent que je puisse attaquer. Au moins si je tombais sur le champ de bataille , Contre un chef militaire , un guerrier à ma taille! i\on ! je suis châtié, tel qu'un enfant boudeur, Par l'ignoble cordon d'un moine ambassadeur !

— Ah ! si l'on m'en croyait , quelle belle ambassade J'enverrais, à mon tour, au pape en sa bourgade! Bienheureux Henri -Deux, par un prêtre outragé, Par quatre chevaliers tu t'en es vu vengé;

Et moi qui suis atteint d'une plus grave olTense, Je n'ai pas un ami qui prenne ma défense !

GUILLAUME

Je m'ollrirais pour vous, sire, au fer suspendu, Et ferais mon devoir, car mon sang vous est dû ; Et i^arce qu'à cette heure un blâme vous menace, (Juand je m'exposerais, sire, à votre disgrâce, Je parlerai, croyant que c'est devoir pareil De vous donner ma vie et donner mon conseil.

— De vos i)ropres débets avec la cour de Rome L'État, qui n'en peut mais, est la victime en sonnne. Les cou])s que l'on vous porte , et ceux que vous portez 'rombeni sur vos sujets , frappés des deux côtés ;

Le pape les châtie , afin de vous atteindre ,

Et vous les châtiez, quand ils osent se plaindre;

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