‹ Œuvres complètesChapitre 197 sur 233 · Penthièvre · texte numérisé non relu

Penthièvre

4. De peur qu'on ne dît de moi : « Il n'a daigné nous répondre », je mis la main à la salade, au casque, etc.

Helas ! j'y perdy mon manteau,

Car je cuidoye d'une poterne

Que ce fust l'huj's d'une taverne.

Et moy tantost de pietonner,

Car, quand on oyt clarons sonner,

Il n'est courage qui ne croisse.

Tout aussitost : « Où esse? Où esse? »

Et, à brief parler, je m'y fourre.

Ne plus ne moins qu'en une bourre.

Si ce n'eust esté la brairie

Du costé devers la prairie,

De nos gens, qui crioient trestous.

Disant : « Pierre, que f aictes-vous ?

N'assaillez pas la basse court

Tout seul ! » je l'eusse prins tout court.

Certes; mais c'eust esté oatraige.

Et se ce n'eust esté ung paige

Qui nous vint trencher le chemin.

Mon frère d'armes Guillemin

Et moy (Dieu lui pardoint, pourtant 1

Car, quoy? il nous en pend autant

A l'œil), eussions, sans nulle faille,

Frappé au travers la bataille

Des Bretons; mais nous apaisâmes

Nos couraiges et recullames...

Que dy-je? non pas reculer.

Chose dont on ne doibt parler...

Ung rien, jusque au Lyon d'Angiers.

Je ne craignoye que les dangiers,

Moy; je n'avoye paour d'aultre chose.

Et quand la bataille fut close,

D'artillerie grosse et gresle

Vous cussez ou y, pcsle-mesle ;

Tip, tap, sip, sap, à la barrière.

Aux esles, devant et derrière.

J'en eus d'ung parmy la cuirace.

Les dames qu'estoient en la place

Si ne craignoyent que le couillart

Certes, j'estoye ung bon paillait;

J'en avoye ung si portatif.

Se je n'eusse esté si hastif

De mettre le feu en la pouldre,

J'eusse destruit et mis en fouldre

Tout quanqu'avoit de damoiselles.

Il porte deux pierres jumelles,

Mon couillart : jamais n'en a meins.

Et dames de joindre les mains.

Quand ilz virent donner l'assault.

Les ungs se servoyent du courtault

Si dru, si net, si sec que terre.

Et puis, quoy? parmy ce tonnerre.

Eussiez ouy sonner trompilles,

Pour faire dancer jeunes filles

Au son du courtault, haultement.

Quand j'y pense, par mon serment !

C'est vaine guerre qu'avec femmes;

J'avoye toujours pitié des dames.

Veu qu'ung courtault trespsrce ung mur

Ilz auroyent le ventre bien dur,

S'il ne passoit oultre... Pensez

Qu'on leur eust faict du mal assez.

Se l'on n'eus t eu noble couraige;

Mesmes ces pehons de villaige^

J'entends pehons de plat pays,

Ne se fussent point esbahis

De leur mal faire; mais nous sommes

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