X. Ces piétons de village
ŒUVRES DE FRANÇOIS VILLON 2l6
Tousjours, entre nous gentilz hommes, Au guet dessus la villen aille.
J'estoye pardeça la bataille, Tousjours la lance ou la bouteille Sur la cuisse : c'estoit merveille, Merveille de me regarder.
Il vint ung Breton estradcr.
Qui faisoit rage d'une lance; Mais il avoit, de jeune enfance, Les reins rompus; c'estoit dommaige.
Il vint tout seul, par son oultraige, Estrader par mont et par val, Pour bien pourbondir ung cheval^.
Il faisoit feu et voire flambe.
Mais je lui trenchay une jambe, D'ung revers, jusques à la hanche; Et fis ce coup-là ung dimenche, Que dy-je? ung lundy matin.
Il ne s'armoit que de satin.
Tant craignoit à grever ses reins.
Voulentiers frappoit aux chanfrains D'ung cheval, quand vcnoit en jtuste, Ou droit à la queue, sans double.
Point il ne frappoit son roussin, Pourcc qu'il avoit le farcin, Que d'ung baston court et noaillcux.
Dessus sa teste et ses chevculx.
De paour de le faire clocher.
Aussi, de paour de tresbucher, Il alloit son beau pas, iric, trac, Et ung grant panon de bissac^