AVERTISSEMENT VI
ont préféré la forme du glossaire. Nous croyons que les notes au bas des pages sont plus commodes pour le lecteur. Trop rarement, quand on recourt à un glossaire, l'on y trouve la réponse qu'on y cherche. Cette peine, souvent inutile, finit par donner de l'humeur. Les obscurités du texte de Villon ne tiennent pas tant, d'ailleurs, à l'içnorance du sens des mots qu'à celle des intentions de l'auteur et aux tours de phrase qui lui sont propres. Dans ce cas, l'interprétation au bas de la page est bien plus efficace.
La bibliographie pour les anciennes éditions est donnée ici d'après le Manuel du libraire et de l'amaieitr de livres de J. Brunet.
Nous croyons qu'on trouvera dans l'ensemble des notices dont nous avons entouré le texte du vieux poète, tous les moyens de le comprendre, de l'apprécier et de le goûter, en le plaçant aussi exactement que possible dans son rôle et dans son milieu, et c'est b but que nous nous sommes proposé d'atteindre.
POURQUOI l'on fait COMMUNÉMENT COMMENCER A FRANÇOIS VILLON LA POÉSIE MODERNE ^
Tous ceux qui ont remonté le cours de notre histoire littéraire se sont accordés à fixer au poète François Villon le point de départ de la poésie moderne. Pourquoi ce poète s'est-il toujours présenté le premier, ou le dernier si l'on veut, dans cette perspective lointaine et obscure. Dès le jour où l'on a commencé à se préoccuper des œu\'Tes du passé, à l'aube de la Renaissance, François I^' signale à Clément Marot ce précurseur, et Clément Marot, sur l'ordre du roi, publie une édition, en quelque sorte officielle, des poésies de Villon, comme si ces poésies méritaient seules, de toutes celles que le moyen âge avait produites, d'être reconnues et adoptées par la nouvelle France. Il eût été naturel cependant que François pr appelât plutôt à cet honneur son aïeul, Charles d'Orléans, l'illustre émule de Villon. Quand, plus tard, Boileau, dans son Ari poétique, voulut retracer rapidement les origines de notre poésie, c'est ce même Villon qu'il jugea à propos d'installer le premier, par ordre chronologique, sur notre Parnasse, et cela « parce qu'il sut, dit Boileau, débrouiller l'art confus de nos vieux romanciers ». Boileau ne s'est pas expliqué exactement : Villon n'a rien débrouillé du tout; il n'a pas porté à un plus haut point l'art des vieux romanciers ses prédécesseurs, il a rompu avec cet art. Boileau n'a pas nettement di-cerné quels étaient les titres de Villon au rang qu'il lui assigne, mais il a senti que ce rang lui était dû. —
Depuis lors, Villon est resté le premier en vue, ouvrant la marche de la procession des poètes français. Pourquoi, une fois encore, ce consentement unanime, plus ou moins
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bien motivé? La supériorité de François Villon n'est peint, après tout, si éclatante qu'elle ait dû nécessairement prévaloir ainsi de prime abord, et être acceptée sans hésitation par les doctes comme par les ignorants. Plus haut que lui dans le cours des siècles, il y a certes de beaucoup plus grands poètes, à considérer la puissance et la hauteur de leur inspiration. A côté de lui, il a des rivaux qui sembleraient, par quelques-unes de leurs qualités, pouvoir lui disputer la préséance : Eustache Deschamps, par exemple, pour l'ensemble de ses œuvres; Charles d'Orléans, pour l'élégance et le charme de ses vers.
D'où vient que leur étoile se soit totalement écHpsée devant celle du pauvre écolier? D'où vient que François I*^' ait eu si grandement raison de ne pas se laisser entraîner par l'esprit de famille? et que Boileau n'ait pas eu tort, quoiqu'il justifie mal sa préférence? D'où vient enfin que la critique, que l'érudition actuelle, toutes choses étudiées, comparées, n'hésite pas plus que ses devanciers qu'une sorte d'instinct guidait seul? Non pas, bien entendu, qu'elle supprime tout ce qui est antérieur à Villon, mais elle aussi s'accorde à faire commencer à Villon une période nouvelle qui est vraiment celle de la poésie moderne, et c'est lui qu'elle continue à placer au seuil de cette poc-sie. Nous voulons examiner cette question intéressante. Nous essayons de bien préciser ce point d'histoire littéraire. Pour cela, il faut passer rapidement en revue les phases successives qu'a parcourues, pour ainsi dire, l'inspiration poétique, phases qui ont été chez nous à peu prés les mêmes que chez les autres peuples.
De nos jours, la poésie est, avant tout, une eflfugjnn (je l'âme du poète, le cri de sa joie^de ^a gnivSr-\nr£jp réc[t d^ impressions et des émotions dorvt sa propre vie a étéjbissuerLa poésie est presque entiêreqient iubiective^x
Ton nous~passe ce tttime deTecole^^Lfi^ioète sexacûjite^.se. ^chante^FgêCTil lui-mfimer-^
Et, plein de son image, il se peint en tous lieux.
Il expose au grand jour ses plus intimes sentiments. Comme l'homme de Ribcira, il ouvre à dcu.x mains sa poitrine pour que les hommes y regardent : ceux-ci sont touchés par conformité de sensations et par sympathie.
CLa poésie n'a pas toujours présenté ce caractère qui est aujourd'hui si marqué, et n'en est même arrivée là qu'à une époque assez tardive. L'homme ne commence point par descendre en lui-même pour examiner ce qui se passe dans son âme, pour compter les pulsations de son cœur. Il est trop occupé d'abord par le monde extérieur; il est tout entier aux spectacles et aux événements qui frappent ses yeux; il vit au dehors, pour ainsi dire. De même le poète, aux âges primitifs, ne songe qu'à exprimer les faits qu'il voit s'accomplir ou ceux qu'il entend raconter. Il traduit dans ses chants les passions générales qui régnent autour de lui et qu'il partage. Il résume et répand les connaissances dont une éducation privilégiée l'a rendu dépositaire. Il formule les hymnes dans lesquelles s'épanche le sentiment universel. Il est écho, oracle, interprète. Il n'est jamais occupé particuUèrement de lui-même ; il est toujours impersonnel. Il l'est à ce point qu'on peut douter parfois s'il a été un ou plusieurs, s'il est individu ou légion.
Cette impersonnalité primitive de la poésie est très frappante à l'origine de notre littérature française. Pendant une longue période, le poète demeure uniquement l'organe de la pensée universelle; il est une voix qui s'élève au sein des masses; il est la tradition vivante, la nation qui parle. Il raconte les exploits des ancêtres tels qu'ils restent dans toutes les mémoires, tels aussi que la tradition les altère et les transfigure. Il célèbre les héros contemporains. Il n'est pas seulement le gardien des souvenirs de sa race ou le distributeur de la renommée, il se charge aussi d'émouvoir, de divertir et récréer : tantôt il récite une légende pieuse ou tantôt une tragique aventure d'amour. D'autres fois, il dit un conte joyeux pour égayer les festins et les veillées, ou un apologue satirique qui venge les petits de l'oppression des grands. Mais dans tout cela il n'apparaît pas lui-même ou n'apparaît que de la manière la plus fugitive. Rarement, il nous a transmis son nom, plus rarement encore le moindre renseignement sur sa vie. La foule des poètes, dans les premiers siècles de notre littérature, s'offre à nos yeux comme une armée qui défile par colonnes : personne ne sort des rangs ; nulle figure distincte ne se détache de la m asse confuse.
Et ceci est vrai jusque dans les genres de poésie où il
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semble que le caractère individuel doive le plus nécessairement éclater. La chanson, par exemple, la chanson amoureuse n'échappe pas à la loi commune; les chanteurs qui peignent leurs transports et leurs tourments, qui vantent la beauté de leur dame, qui bénissent sa douceur ou se plaignent de sa cruauté, ne font d'abord que développer des thèmes presque invariables, qu'échangent longtemps entre elles, comme deux muscs sœurs et rivales, la littérature du Midi et la Uttérature du Nord.
Peu à peu, à mesure qu'on avance dans l'histoire, l'impersonnalité diminue, les physionomies se dessinent. Nous commençons à entrevoir ou à deviner, derrière le poète, l'homme dont la vie sert jusqu'à un certain point à expliquer les œuvres. Tel nom s'attache nécessairement à telle composition. Chez nous, c'est au treizième siècle que ce progrès devient sensible. Ce siècle, surtout dans la seconde moitié, nous a légué un bon nombre de productions où il est facile de distinguer un accent personnel. Adam de La Halle, exilé d'Arras, sa ville natale, répand dans ses vers ses sentiments d'amertume et de regret. Rutcbeuf, sentant la dure étreinte de la misère, voyant son logis désolé, srn foyer éteint, sa femme et ses enfants malades de privatio: s, se risque à tracer ce triste tableau. Il se dit qu'il n'est pas sans reproches. Il maudit le jeu qui le ruine. Il ne puise pas encore dans cet examen de conscience les grands sujets de méditation et de rêverie. C'est la souffrance matérielle qui lui arrache des cris et des aveux plaintifs.
Les conteurs de cette époque s'enhardissent aussi à nous entretenir de leur disposition d'esprit et de cœur. L'auteur laisse parfois apercevoir son visage, riant ou affligé, à travers les plis flottants de la fiction. Ainsi, Denys Piramus, l'aimable poète qui a raconté les aventures de Partonopeus de Blois et de la fée MéUor, se met familièrement en scène entre ses personnages; il compare leur sort au sien; il feint d'être jaloux de l'heureuse fortune de son héros. Il demande pardon à ceux qui le lisent ou qui l'écoutent, d'interrompre si fréquemment son récit pour songer à ses propres amours : « On ne peut, dit-il, empêcher sa pensée, non plus que ses yeux, de se diriger toujours vers l'objet aimé. Où tu as douleur, là se porte involontairement ta main; où tu as amour, là sont tes yeux et ta pensée ». Et il y a dans ces
fréquents retours du conteur sur lui-même une grâce, une tendresse doucement voilée d'ironie, un sourire trempé de larmes, qui font songer à quelques-uns de nos poètes les plus modernes.
La transformation qui était en train de s'opérer continua; la personnalité du poète s'accuse de plus en plus aux siècles suivants. Il n'eût pas fallu contester leurs œuvres à Christine de Pisan, à Guillaume de Machault, à Alain Chartier; ce sont de véritables auteurs, qui ont toutes les prétentions qui s'attachent à ce nom. Mais cette personnalité se montre timidement encore dans leurs ouvrages. Dans François Villon, qui vient immédiatement après eux, elle se déploie au contraire et triomphe complètement : elle n'est plus seulement dans le caractère, dans l'attitude et dans la conduite, elle passe tout entière dans l'œuvre.
yillon fait,Je4asmier, ses vers avec ce qu'il a éprouvé depuis son enfance, avec ce qu'il a souffert, pensé et senti, . avec sa vie enfin; et l'on en est d'autant plus frappé que cette vie a été plus misérable et moins belle.. Les plaisirs .et les caprices de sa jeunesse d'écoUer, ses ripailles et ses jjeûnes forcés, les méfaits qu'il a commis en compagnie de 'fripons et de mauvais sujets comme lui, l'arrêt qui, pour un de ces méfaits, le condamna à être pendu, les perspectives peu riantes que cet arrêt ouvre à son imagination, l'heureux succès de son appel et sa délivrance inespérée, les Infortunes qui le poursuivent de nouveau, le long été qu'il passe, nourri au pain et à l'eau, dans les cachots de l'évêque d'Orléans : telles sont les aventures nullement chevaleresques qui excercent sa verve et qui lui suggèrent rondeaux, ballades et chansons. Aux bouffonneries licencieuses, aux boutades grossières qui sont l'emploi le plus ordinaire de ses rimes, se mêle une veine de rêverie gracieuse et même de sensibilité grave. Par instants, alors sans doute qu'il est un peu plus heureux et qu'il n'a pas besoin de s'étourdir, il fait un retour sur le passé, il réfléchit aux années qu'il a follement perdues, et un remords fugitif lui traverse l'esprit. Il songe à ses compagnons de débauche dispersés au loin ou a morts et roidis ». Le souvenir de sa mère, « la pauvre femme » le saisit et lui arrache des regrets douloureux. Mais qu'il soit dans une heure de jovialité
intempérante ou qu'il s'abandonne à une tristesse passagère, ce sont toujours ses émotions qu'il traduit, ce sont toujours les événements de sa vie obscure qui l'occupent et qui l'inspirent. Et c'est là justement ce qui fait qu'on l'a toujours aperçu et qu'on l'aperçoit toujours, quand on remonte vers les premiers siècles de notre poésie. Il n'a rien débrouillé de ce qui existait avant lui, mais il est luimême un être distinct. Il a son accent, son langage original, son dialecte à lui. Il est Villon, l'écolier parisien, et nul autre. Il oJSre une physj'^Ti^rpiprnpttpmpnt accusée, il est vraiment unliomme de gtinir «t d'os au niilieu de ces légions "a^7ml5res, plus ou moiiis sublimes. plus ou moins. toucliahtes,— phiS~gtï""moîns moqueuses, qui se dessinent confusément dcrrTère Fm.
/ Cê^càractère personnel est marqué dans Villon de manière à attirer infailliblement les regards, car non seutement ce poète est un type exceptionnel sous ce rapport, si on le compare à ce qui avait existé avant lui, mats encore si on le compare à ce qui vint après. La poésie française continue sans doute à se développer dans le même sens :
-te génie individuel, qui se décrit et se raconte lui-même, tend de plus en plus à y dominer. Mais ceux chez qui il se rencontre au même degré que chez Villon, chez qui il se déploie si frauclieaièlll ni. on peuL te dire, si impudemment, restent rares. Chaque personnage prend à nos yeux plus de cousis liince ; il s'inscrit sur le registre de l'histoire avec tous les détails qui peuvent le sauver de l'oubli. La libre expansion manque souvent à ses œuvres. Ce n'est que lentement que notre poésie s'avance dans cette voie où chaque siècle lui fait faire des progrès et où l'âge actuel l'a précipitée tout entière.
On comprend maintenant comment les œuvres de François Villon se trouvent inscrites sous le premier numéro de tout catalogue de notre poésie moderne.
xin FRANÇOIS VILLON
CE QUE l'on sait DE LA VIE DE FRANÇOIS VILLON
Villon a plusieurs fois indiqué avec précision la date et le lieu de sa naissance. Il dit, en 1461, qu'il commence son Grand Testament l'an trentième de son âge, et, dans le Débat du corps et du cœur (p. 158) fait dans la prison de Meung, il dit positivement : « Tu as trente ans ». D'après son témoignage, il était donc né en 1431. Sur le lieu de sa naissance, il n'est pas moins explicite. Il y a d'abord sa fzuneuse épitaphe en forme de quatrain :
Je suis François, dont ce me poise, Né de Paris emprès Pontoise.
Puis, dans le Grand Testament (p. 80), il lègue à Robert Turgis le droit d'échevin « qu'il a comme enfant de Paris ».
Un huitain reproduit par Fauchet^ a jeté un peu d'hésitation sur ce point en fournissant une indication plus précise en apparence. Voici ce huitain qui n'est qu'une amplification de r épitaphe sus-raentionnée :
Je suis Françoys, dont ce me poise, Nommé Corbueil en mon surnom, Natif d'Auvers emprès Pontoise, Et du commun nommé Villon.
Or, d'une corde d'une toise Sauroit mon col que mon cul poise, Se ne fut un joli appel.
Le jeu ne me sembloit point bel.
L'authenticité de ce huitain a été souvent contestée. On a retrouvé le manuscrit dont Fauchet l'avait extrait et qui est à présent sous le n" LUI des manuscrits français de la Bibliothèque de Stockholm. Le huitain s'y voit avec des variantes légères relevées par M. Longnon :
Je suis François, dont il me poise, Nommé Corbeil en mon seumom,
I. Origines des chevaliers, armoiries et héraux, dans les Œuvres de M. Claude Fauchet, édition de 1610.
Natif d'Auvars emprès Pontoiss,
Et du commun nommé Villon.
Une corde de dcmye toise,
Se ne feust ung joli appel,
Sceust bien mon col que mon cul poise;
Le jeu ne me sembloit point bel.
Quoique le manuscrit en question soit de la fin du xve siècle, il ressort clairement de l'examen attentif de ce huitam qu'il n'est que l'œuvre d'un scribe qui, songeant que Villon n'avait pas été pendu, a voulu modifier l'épitaphe dans ce sens. Le copiste n'a pas compris la plaisanterie de Villon :
Né de Paris emprès Pontoise,
et il a remplacé Paris par Auvers qui est, en effet un village prés de Pontoise dans le Vexin français. Né à Auvers Villon, quoi qu'en dise M. Campaux, n'aurait pu se dire Pansicn; et, d'ailleurs, les assertions répétées du poète doivent l'emporter sur un texte sans autorité.
Il était de famille pauvre et obscure; il l'avoue franchement dans ces vers (page 33) :
Pauvre je suys de ma jeunesse, De pauvro et de petite extrnce.
Mon père n'eut onc grand richesse.
Ne son ayeul nommé Erace.
Pauvreté tous nous suyt et trace.
Sur les tumbeaux de mes anccstres.
Les âmes desquels Dieu embrasse.
On n'y voit couronnes ne sceptres.
/ Ainsi Villon n'a aucune prétention nobiUaire!^Il pro- . /clame comme Béranger, mais sans aucun sentiment d'orgueil, qu'il est vilain et très vilain.^Son père était mort bien avant 1 461. Il le dit formellement (page 35) Sa mère vit encore à cette date où il compose son Grand Testament -C est une bonne vieille femme, ne sachant lire ni écrire très pieuse, à qui il a causé beaucoup de chagrin, et dont • il ne parie qu'avec attendrissement (page 69). Il fut dès sa jeunesse, un écolier dissipe; il perdit son temps au 'lieu de à. le mettre à profit. ^^
Bien scay se j'eusse estudlé Au temps de ma jeunesse folle,
Et à bonnes moeurs dédié, J'eusse maison et couche molle !
Il eût obtenu quelque bénéfice comme la plupart des clercs de l'Université.
Mais quoy? je fuyoye l'escolle Comme faict le mauvays enfant...!
Il n'a donc point de ressources. Était-il parvenu à la maîtrise es arts? On l'appelle généralement maistre François, ce qui ne prouve pas grand'chose, cette qualification de maître étant alors accordée très libéralement. Lui-même Jl se dit simplement écolier et ne prend jamais que ce titre ^ (pp. I et 155).
Il parle dans le Petit Testament de la nomination qu'il a de l'Université (page 12), mais, d'après ce qu'il en dit, on peut croire qu'il s'agit plutôt de quelque bourse. On n'a enfin retrouvé son nom sur aucun des anciens registres de la Nation française^ qui subsistent.
Mais quel est exactement ce nom? Là est le problème le plus difficile, et les documents nouveaux récemment produits, au Ueu de l'éclaircir, n'ont fait que le compliquer.
Il est certain d'abord que le nom de Villon n'est pas un nom patronymique. Il est très certain encore que ce nom ne fut pas donné à l'écoUer fripon à cause des méchants tours et des larcins qu'il commettait, vi Honnie ou willonnie étant assimilable au vieux mot gnille (tromperie) .
L'écolier dut ce nom à un protecteur, à une sorte de père adoptif, dont il parle dans l'un et l'autre de ses Testaments.
Je laisse, de par Dieu, mon bruit A maistre Guillaume Villon Qui en l'honneur de son nom bruit Mes tentes et mon pavillon,