‹ Œuvres complètesChapitre 46 sur 74 · DES CINQ ACTES DES DEUX F08CARI · texte numérisé non relu

DES CINQ ACTES DES DEUX F08CARI

' La tragédie des Deux Foscari a été écrite à Ravenne, du 42 juin au 9 juillet ii2\, et publiée avec Sardanapale, le mois de décembre suivant.

s Veneno sublatui. Cette tombe est dans l'église de Santa-Elena.

s C'était une Contarini, «fille d'une maison qui, parmi ses ancêtres coulés en bronze monumental, comptait déjà huit doges. »» Rogeus.

* « Nuit et jour rêvant au passé, songeant au présent, c'était plus qu'il n'en pouvait supporter. Ses regrets, son impntience, augmentaient ; son désir de revoir sa patrie devint un délire; il résolut de la revoir, dùt-il lui en coûter la vie. Il écrivit une lettre adressée au duc de Milan (dont le nom, depuis si illustre, serait resté éierne.leni nt obscur, sans le caprice d'une branche de chêne qui décida de sa destinée), implorant son influence auprès de l'Etat de Venise. 11 eut soin d'égarer cette lettre alin qu'on la trouvât. » Rocers.

Ce duc de Milan était François Sforce. Son père travaillait aux champs, lorsque quelques soldats, passant par là, lui proposèrent de l'enrôler. — M Laisscz-mni jeter ma pioche dans ce chêne, dit-il, et si elle reste suspendue, je vous suivrai. » — Elle resta, et le paysan, qui y vit un présage, s'enrôla. 11 devint successivem»^nt soldat, général, prince; et son petit-fils, se promenant dans son palais de Milan, disait à Paul Jovius : — «Vous voyez bien ces gardes et cette grandeur; je dois tout cela à la branche de chêne oii resta attachée la pioche de mon grand-père. »

6 La sentence extraordinaire prononcée contre lui exisie encore dans les archives de Venise; elle est rédigée en ces termes .-«Giacopo Foscari, accusé du meurtre d'Hermolao Donaio, a été arrête et interrogé; et, d'après les témoignages, les circonstances et les pièces du procès, i7 parait évidemment coupable duditciimc; néanmoins, par suite de ses obstinations et des enc/ian<emen/s et sortilèges qu'il possède, il n'a point été possible d'obtenir de lui la vérité, qui résulte d'ailleurs des témoignages

LES DEUX FOSCARI. — NOTES. àô.)

et des pièces écrites; car lorsqu'il était attaché à la corde, il n'a laisse échapper ni un murmure ni un gémissement, mais il a murmuré à part lui quelques paroles impossibles à distinguer; cependant comme l'honneur de l'Éla.t le reqmen, il a été condamné à être banni dans l'iie de Candie. » Croirait-on que le véritable assassin ayant été découvert dans la suite, on ne révoqua pas cette cruelle et injuste sentence? Voyez les Esquisses de l'Histoire de Venise, t. 11, p. 97.

* Lord Byron, dans sa tragédie, s'est conformé aussi fidèlement que pouvait le permettre son action dramatique, à la vérité historique. Nous devons remarquer, cependant, qu'après que Jacopo eut été torturé, il fut transporté dans le palais ducal, et non dans un des Pozzi; qu'il mourut' non à Venise, mais à Canea ; qu'il s'écoula quinze mois entre sa mort et la déposition de son père, enfin, que le doge mourut chez lui, et non dans le palais. Esquisses de l'Histoire de Venise, 1. 11, p. ^05.

' Allusion à l'air suisse le Ranz des Vaches, et aux effets qu'il produit.

8 Fait historique. Voyez Daru, t. II.

9 «Alors, ô vieillard! le calice d'amertume fut rempli jusqu'au bord; cependant, tu survécus. Mais il était un homme, l'àrae et le chef de toutes tes persécutions, qui ne fut point satisfait, acharné sur sa proie, la dévorant, buvant son sang sans pouvoir se rassasier, un homme dont le nom était aussi illustre que le tien, membre du Conseil des dix, un des trois invisibles; il se nommait Loredano. Lorsque les lionceaux furent morts» il voulut chasser le lion de sa tanière, et, guidant la meute qu'il avait longtemps gouvernée, cette meute lâche, qui toujours aboie devant les grandeurs déchues, ne voulut point permettre que Foscari fût plus longtemps doge, lui reprochant son grand âge , appelant oubli de ses devoirs et mépris des lois cette solitude chère à ses chagrins. « — «Je consens à me retirer, »dit-il, «muis j'ai juré de rester, et je ne puis manquer à mon serment; faites de moi ce qu'il vous plaira.»

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