‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 17 sur 64 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Voici quelques détails sur la fanulle qui a été témoin de la tragique histoire que nous venons de raconter et qui seront une nouvelle preuve de la véracitéde notre^ récit.

M. Du Perron Baby vécut encore plusieurs années après ces événements.

J'extrais ce qui suit de l'inventaire de ses biens :

" M. Jacques Du Perron Baby décéda au Détroit " vers le 2 août 1789.

'' En l'an 1796, madame Suzanne Du Perron Baby *' descendit avec plusieurs de ses enfants pour résider *' à Québec, laissant M. Jacques Du Perron Baby, son " fils aîné, gérer le commerce et les terres, moulins et " autres affaires au Détroit.

Ce dernier commanda longtemps les milices canadiennes du Haut-Canada et fut élu plus tard orateur de la Chambre d'Assemblée.

Mme 8. Du Perron Baby mourut à Québec, en 1813, dans un âge très avancé.

Quant à Melle Thérèse Du Perron Baby, elle termina ses jours à Québec, en 1839, chez M. de Gaspé.

Jamais elle ne put oublier la sanglante tragédie qui mit une si cruelle fin à son premier rêve.

La plaie une fois ouverte ne se referma plus.

Ce souvenir funèbre promenait sans cesse sur son front et dans son âme d'immortelles tristesses.

Le rayon s'éteio;nit et sa mourante flamme Remonta vers le. ciel pour n'en plus revenir.

Son sourire, comme celui d'Androraaque, était toujours mêlé de larmes.

Et quand ses amis cherchaient à faire refleurir cette âme désenchantée :

— Ah ! s'écriait-elle tristement, laissez-moi pleurer en silence mes rêves évanouis.

" Les larmes sont l'ivresse du malheur.

" Le passé a été pour moi trop plein d'amertumes pour que je puisse sourire à l'avenir.

" La fleur de l'illusion ne croît ^as sur les ruines du cœur.

Québec, mars ISGOt

La jongleuse

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