SOIXANTE ANS
Il dévorait l'espace ainsi qu'une hirondelle Qui poursuit dans les airs l'insecte à tire-d'aile. Plus tard, c'est un coursier haletant, harassé, Sur les pas d'un cerf qui, de loin, l'a devancé. Rêves d'ambition, d'honneur, de renomtHée, Vous n'étiez qu'un mirage, une vaine fumée ! Il s'avance aujourd'hui, désillusionné, Flétri, courbé, tremblant, le front découronné. C'est le chêne des monts, à la cime si fière, Maintenant dépouillé, frappé par le tonnerre. Au lieu du ciel d'azur, des brises du printemps. Les neiges, le sol dur, le vent du cimetière. D'un coupable passé la souvenance amère ; C'est l'homme à soixante ans.