LACENAIRE POÈTE
n £iat des condamnés à mort pour fémouvoir, Paris ! Eh bien ! écoute : Ici, comme à Venise, Un peuple condamné sous les plombs agonise.
Le Malheur, les prenant tombés du sein natal, Marqua ces giaours de son cachet fatal, Et sur leur front, depuis, glissant avec Je faimel Nul baiser n*essuya cet infernal baptême.
Sans éveiller de bruits, sans prêtre à leurs côtés, Us vont mourir, ceux-là, durement cahotés.
Chaque jour les condamne, et, comme au roi qui passe, A chaque lendemain ils demandent leur grâce.
L'Espérance, avocat à la magique voix.
Les traîne ainsi longtemps de pourvois en pourvois... Mais, pareil au bourreau qui vient et frappe à l'heure, Le Suicide enfin les prend... et nul ne pleure; Nul ne mène le deuil vers le Champ du Potier, Et le poète mort gît là, mort tout entier...
Arrêtez-vous au bord de la fosse d'Escousse,
EnÊints vieux de douleurs que son étoile y pousse.
Plus de chants, plus d'espoir : sur votre muse en deuil
Comment des éditeurs appeler le coup d'oeil?
Pour y saisir au vol une chanson, peut-être
Tous veillent maintenant au guichet de Bicétre,
Et le public, sans foi dans vos noms sans crédit,
S'abonne chez Darmaing au scandale inédit...
Mais votre impatience en frémissant m'écoute;
Vous paîriez sans murmure un grand nom, quoi qu'il coûte ;
Eh bien 1 pour éblouir et fixer le regard,