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A M. MARNIAU.
Air : Muse des bois.
L A Liberté diez nous se réfugie ; Joyeux buveurs, à table et loin du jour, due Béranger, pour terminer l'orgie, De ses refrains nous enivre à son tour.
Chargé de gloire et d'injures nouvelles, Des bras d'un peuple il tombe dans les fers ; Il est captif, mais sa muse a des ailes :
Tout bas, tout bas, amis, chantons ses vers !
Qjiand tour à tour, au pied de nos trophées.
Les rois tombaient, implorant leur pardon.
De son berceau, que balançaient les fées.
Il s'élança, réveillé par un nom...
Ce nom sacré, qu'il n'a pu désapprendre.
Est maintenant proscrit dans l'univers ;
Béranger seul ose le faire entendre :
Tout bas, tout bas, amis, chantons ses vers!
Frondant l'abus de la victoire même.
Au roi des rois il n'a sacrifié
Que sur sa tombe, et quand du diadème
Par le malheur il fut purifié.
Le vieux soldat, dont il sèche les larmes.
Brûlant encor de souvenirs bien chers,
Semble écouter si l'on appelle aux armes :
Tout bas, tout bas, amis, chantons ses vers 1
Qji'ai-je osé dire? Ahl je sens que. ma muse.
Rebelle aussi, déraisonne en buvant :
Comme le vin, qui sera mon excuse,
La poésie enivre bien souvent ;
Mais aujourd'hui, quand Thémis au poète
Fait expier des sarcasmes amers,
Pour les venger la France les répète :
Tout bas, tout bas, amis, chantons ses vers I j