‹ OEuvres complètesChapitre 57 sur 111 · II · texte numérisé non relu

II

LE MTOSOTIS

Sous un regard de femme, au soleil de Castille ; Sang créateur des Cids, qui plus tard même a pu Produire encor des Juans, lorsqu'il s*est corrompu. Le peuple, ivre de £iim, qui ronfle au coin des bornes, Qjiand le taureau royal le pique de ses cornes. Se réveillant d'un bond du lourd sommeil qu'il dort, Lui, du moins, sait combattre en beau toréador. Mais toi I... Soulève encor des bruits de Bacchanales; Essuie encor du sang à des gorges vénales; Crève encor des chevaux, blesse encor des maris; Tu ne seras jamais rien... que Jean de Paris. Ohl si le plébéien que ton pistolet tue, Sur sa fosse, à Clamart, revivait en statue.

Et qu'au son de minuit, quand meurt le gaz tremblant, Qjiittant son piédestal, l'homme de marbre blanc. Dans le sombre café que ta visite honore.

Allongeait ses pas lourds sur la dalle sonore. Pour te marquer au front d'un signe flétrissant Il n'aurait pas trempé son index dans le sang; Non, mais ses doigts de pierre, en souffletant ta joue, Y laisseraient empreinte une tache de boue.

Large, noire, et sa voix tonnerait en ces mots : « Ton enfer n'est pas prêt, lâche auteur de mes maux. Vis : Dieu te couvre encor d'un mépris débonnaire ; Tu ne dois pas mourir par un coup de tonnerre : Sous le poids du mépris, vieux sans avoir vécu, Tu mourras..., tu mourras d'un coup de...l »

LE %EVE'M.A'blT

Air: Des Vendangu (de bAranger).

J 'ai lu Pythagore, et souvent Je me confie A sa philosophie.

Après la mort, son, flamme ou vent, Chose légère comme avant, paimerai ce que j'aime en vie :

Fuyons un corps que nul ne bénira, Vers mon pays mon âme s'en ira.

Si, rêveuse, après mon trépas, Vous pleurez, Laure, Et visitez encore Ces champs où croissaient sous nos pas Des fleurs... que je ne voyais pas, A votre appel, sœur que j*adore.

Un feu follet en dansant vous suivra :

Pour vous aimer mon âme survivra.

Quand, sylphe joyeux des hivers.

Le punch bleuâtre Danse et rit devant Pâtre, Amis, si vous chantez les vers Dont je parfumais vos desserts.

Tour à tour plaintif ou folâtre.

Sur la montagne un écho s'entendra :

A vos chansons mon âme répondra.

duand sonne enfin l'heure d'oser, S'il vous arrive Que la beauté craintive Essaie encor de refuser Et murmure sous le baiser.

Emportant sa plainte tardive.

Un vent complice entre elle et vous fuin:

A vos amours mon âme sourira.

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