POÉSIES INÉDITES — POÉSIES POSTHUMES
CH^A'MSO'H
iQNNAissEZ-vous Monsicur l'abbé, Savant depuis A jusqu'à B ?
A rimer il s'amuse;
Eh bieni La mémoire est sa muse...
Vous m'entendez bien.
Ses discours ab hoc et ah hoc Enchantent Monsieur de Cosnac; Un sot dit la satire,
Eh bienl Voit plus sot qui Tadmire...
Vous m'entendez bien.
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L^ Û^^L^DIE T>E ac. S^SSIISLOT
"DIXECTEVK *DU 'PETIT SÈV^ItL*AI%.E DE V^E^AUX
Lr' ABÎME du malheur s'entr'ouvre sous nos pas. Referme-le, grand Dieu, ne nous y plonge pas 1 S*il faut une victime à ta juste colère, Je suis prêt à mourir pour sauver notre père. Tu voulais le frapper, mais arrête un moment; Daigne m'immoler seul à ton ressentiment.
Qjioi doncl tu punirais ton ministre fidèle.
Lui qui pour ta grandeur est enflammé de zèle ?
Laisse-le vivre encore ; hélas I s'il n'était plus, Qjii pourrait nous frayer le sentier des vertus? Qpi saurait, comme lui, de tes livres sublimes Imprimer dans nos cœurs les divines maximes?
Qui pourrait en deux mots y faire chaque jour Croître de plus en plus le feu de ton amour?
Daigne être enfin touché de ma persévérance ; Au nom de Jésus-Christ, j'implore ta clémence.
SUli
L^ MO%,T T>E ÏK. SoiSSI'H.OT
lYl £ s yeux sont dessillés et je vois sans nuage, Je vois rÊtre suprême à qui tout rend hommage, Je le vois sur un trône élevé dans les deux; Toujours récho puissant des célestes portiques
Retentit de cantiques Chantés en son honneur par tous les bienheureux.
Environné de feux, de gloire et de lumière. Ce Dieu voit à ses pieds les princes de la terre: n lit dans leur pensée, il punit leurs forÊiits. Du juste qu'on opprime embrassant la défense,
n couvre l'innocence D'un bras qui du méchant veut repousser les traits.
Mais quel est ce mortel qui, comme un autre Ëlie, Prend un rapide essor vers la sainte patrie?
Oh 1 quel char radieux et quelle majesté I Des brûlants séraphins j'aperçois la phalange
Guidant le nouvel ange Au céleste séjour de la félicité.
C'est Sassinot I Qjiel jour de joie et d'allégresse I O bardes, que vos chants le célèbrent sans cesse; Adressez-lui vos vœux, habitants d'ici-bas.
Et vous, jeunes enfants, vous à qui ce bon père
Vient d'ouvrir la carrière, Ne pleurez plus sur lui, mais marchez sur ses pas.
a^ CO'N.SEIL
L^ULMAS, écoute enfin la raison qui t'éclaire, Cesse enfin de nourrir un espoir téméraire :
/Unsi que toi, mon fils, j*eus la démangeaison D^ofiênser le public, la rime et la raison ; Comme toi, bel esprit, au sortir du collège, Ma sotte vanité saisit le privilège Qu'usurpent trop souvent les auteurs de nos jours. De parler sans rien dire et de parler toujours.
Amoureux de la gloire, et surtout de moi-même,
Traînant à mes côtés Tennui d*un beau poème,
Je quêtais â la ronde un sourire flatteur; ,
Copiste ingénieux, adroit compilateur,
Penfilais de grands mots bien durs et bien sonores;
Je parlais de soleils, d'étoiles et d'aurores ;
J'imitai ***, et mon style éclatant
Fit bâiller tout le monde..., excepté moi pourtant
Je dédaignai bientôt la robe paternelle ;
Brûlant de conquérir une palme immortelle.
Je m'élance au théâtre où l'orgueil me promet
Une place éminente à côté de Soumet.
Je pense voir déjà mon talent poétique
S'élever radieux au trône académique ;
Je triomphe en espoir, je rêve... Mais bientôt
Vingt sifflets goguenards m'éveillent en sursaut :
L'infortune souvent est bonne à quelque chose;
Abjurant et la gloire et les vers et la prose,
Depuis ce triste instant, j'ai su borner mes vœux
A vivre loin du Pinde, ignoré, mais heureux.
Que mon exemple au moins t'apprenne à fuir l'orage, Ou, sur les mêmes flots, crains le même naufrage. Combien d'autres malheurs je pourrais te citer I Les bâtards de Schlegel ont beau ressusciter; Les Marivaux du jour, que l'intérêt assemble, En vain marchent de pair et cabalent ensemble. Us trompent quelquefois nos regards indulgents, Mais l'erreur passe vite et les goûts sont changeants.