I.IIOMME BK dieu. - PART. l
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Mais ce qui est encore bien plus (lé|iloral)le, c'est (Je voir de grandes âmes se trouver arrêtées |)ar des (.lioses de rien. Le liieidieureux P. Jean de la Croix, te sérapliin terrestre, les comparait à ces navires qui, chargés de toutes sortes de richesses, et allant avec une vitesse incroyable à pleines voiles au gré d'un vent favorable, se trouvent tout à coup arrêtés par un petit poisson a|)pelé rémora. L'on trouve |>eu d'âmes clans une tranciuijlité entière et un repos parlait, parce que l'on ne se repose pas uni(]ui'nient en Dieu seul qui est notre centre, l'our peu que l'on s'en tire, il faut être dans le tourment. Le P. Seurin assurait qu'il ne fallait pas dissimuler cette vérité, « que l'on n'aura jamais de parfait repos que dans le détachcnionl de tout ce qui n'est |iasDieu. » Lt dans une lettre à monsieur son père, il lui écrit : « qu'il expérimente que la véritable paix ne se peut rencontrer que dans le renoncement à toutes choses et dans la séi)aration de toutes les consolations de la terre ; qu'il n'y a rien de plus allligeant que de chercher sa satisfaction en quelque chose de créé ; et quoi qu'on lui [misse dire, plus il va en avant, plus il s'établit en cette vérité. »
Son esprit en était entièrement convaincu, et sa volonté dans une fidèle pratique, lit comme il vivait dans cette disposition, il recevait des grâces signalées de Notre-Seigiieiir pour y faire des [irogrès admirables. tjuelquefoisH sentait tout à toup des opérations véhémentes, qui l'anéantissaient, comme si quelque foudre, disait-il, lût tombée sur lui, et elles causaient en lui un grand éloignement de la terre et des choses du monde. C'est ce qu'il exprime dans une lettre où il dit : « Nous ne trouverons rien en ce monde qui nous tienne et qui nous amuse. 'Jout ce qui ne tend jias à Dieu n'e>l que du vent. Il disait quelquefois, qu'il lui semblait être hors de la terre, et qu'il avait Oublié toutes les choses du monde. » C'était dans cette réparation parfaite que l'homme de Dieu vivait, et sans laquelle il estimait que c'est bien faire peu que de faire les plus belles choses. Mais comme sa maxime était qu'il fallait venir au détail de tout ce qui nous peut attacher, pour s'en dégager saintement, aUn d'entrer dans cet esprit de mort parfaite et générale, nous allons voir coml-iien sa pratique était conforme à ses maximes, par la considération de son grand détachement de toutes les choses [larticulières qui peuvent arrêter en ce monde.