‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 104 sur 436 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

Le triomphe de la croix dans son exacte observance de la règle et des constitutions.

Le relâchement de la règle et des constitutions dans les communautés arrive souvent de ce que l'on n'a pas assez d'estime de sa vocation, et de l'attache que l'on a à soimême, et aux choses créées: et comme ces défauts se glissent insensiblement dans les jiersonnes consacrées à Dieu par les vœux léguliers, la tiédeur s'y mêle dans les exercices, et l'on y remarque bien de l'éloignement de l'Esprit-Saint qui y doit régner. La Mère Elisabeth a ignoré ces désordres, parce qu'elle a toujours été dans un entier détachement d'elle-même, et de toutes les créatures; et qu'elle a toujours eu une estime inexplicable de sa vocation à l'état religieux. C'est ce qui lui faisait dire : j'aime inieux être religieuse qu'impératrice ; et l'état humble d'une pauvre religieuse lui semblait jiréférable à toutes les couronrres. C'étaient ces vues qui lui tiraient les larmes dans la considération de lagrâce qui lui avait été faite d'entrer dans cet état ; mais c'étaient des larmes de joie, son chaste cœur étant vivement touché des miséricordes de Dieu sur elle. Elle ne le pouvait contenir quand elle lisait les Constitutions, à raison des tendresses qu'elles lui causaient. Elle aurait tenu à grand honneur d'être la simple servante de ses religieuses ; et elle ne pouvait assez admirer le bonheur desestroistilles quiavaierrt la grâce d'en être du nombre ; et comme l'une des trois prenant le saint habit pleurait de joie, lorsqu'on lui coujtait les clieveux, la sainte Mère de Dieu se faisant voir à notre digne fondatrice, lui montra combien elle était heureuse de les avoir sacrifiées à sou Fils, et qu'elle en recevrait une récompense éternelle

Page 1