‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 108 sur 436 · LE TRIOMPHE DE LA CROIX. — PART. II · texte numérisé non relu

LE TRIOMPHE DE LA CROIX. — PART. II

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pi'let qu'elle, OU plulôl le démon par elle, me rompit, la Première fois qu'il lui plut inu conduire à Veiorcisme. Vous avez mémoire, Monseigneur, comme je commamlai au démon de me reiidro mon chapelet, d'en ramasser les pièces et de les baiser, ce qu'il fil, mais possible ne prilcs-vous pas garde i]uand à l'entrée de la chambre il se tourna vers moi, et me dit, il y a du manipie, un grain qui est demeuré i;i-bns dont je ne lins compte, et fis raccommoder mon chapelet à mon compagnon y substituant ce qui pouvait y manquer. Or, il advint que quinze jours' après retournant en Bourgogne, je passai chez Madame de Crouy qui me logea dans une chambre du château ; mais la nuit m'étant éveillé, comme je voulus prendre un reliquaire que je porte ordinairement et prier Dieu, jel'avais mis sous le chevet du lit (loiir m'en servir dans le temps de la prière, voilà que je trouve ce gros grain attaché encore au Cl, et rompu tel qu'il était dans la chambre susdite, sans que je l'eusse vu depuis, et mon dit chapelet étant entier sans que rien n'y manquât de|)uis que mon compagnon l'avait l'ait raccommoder; de manière que la restitution m'en tut faite d'une manière non accoutumée et bien loin du lieu où j'avais commandé au démon de me la faire, et plusieurs jours a|)rès. J'ajoute le grain à celle-ci, atin que votre Kxcellence voie le pouvoir que Jésus-Christ a laissé à son Eglise sur ces esprits immondes, et rebelles jusqu'aux plus petites choses ; car Ci'lte restitution est assez remarquable dans ses circonstances, notamment d'avoirété faite tant de jours api es, sans que le grain se fût perdu dans les balayures de la maison, qu'il étaifcolloqué sous le ciievet sur lequel je me reposais et auprès de mes reliques. Choses mémorables, et de plus grande importance sont arrivées en celte possession ; mais la plus signalée est la patience et la conformité avec la volonté de Dieu, qui est en cette bonne âme. Il ne se passe jour que je ne prie pour elle etiJésire grandement qu'elle fasse le réciproque. Ce doux Jésus et sa sainte Mèro sont pi us proches de son esprit, que les démons malheureux ne le sont de son corps ; et ce leur est un grand supplice d'y être conlinés, nonseulement à cause des exorcismes, ainsi à raison de l'accroissement de grâces et de niérites auxquels malgré eux ils coopèrent, joints les satrenients, prières, réelle présence du corps de notre Sauveur, et autres communications divines parmi lesquelles ils sont contraints de se trouver, et d'autant plus reconnaître leur infélicité désespérée, leur éternelle rage et irrévocable mjlédiction. Si jamais la divine Proviilence ordonne que je retourne à Nancy, je lâcherai de témoigner de plus en plus à son Excellence combien je suis,

« Monseigneur,

« Son trés-humble et son trèsobéissant serviteur, « Pierre Coto\. »

Un savant théologien, de grande vertu, et de grande expérience dans la conduite des

âmes assure dans une lettre que c'esl l'âme la plus semblable à Jésus irucifié qu'il ait connue sur la lerre, et la vie la plus vivifiée de son divin esfirit. Que l'exemple de ses croix et de ses glorieux combats lui tiraient les larmes des yeux dans la considération du neu (ju'il faisait en comparaison d'elle. Mais l'homme de Dieu, le célèbre P. Poiré, n'en parlait pas seulement avec estime, mais de plus il s'exposa en sa considération à des souffrances bien humiliâmes. L'n autre religieux de la même compagnie et qui en était l'un des plus rares es|)ritset des |ilus solid(;s jugements, ayant assisté à quantité de consultations ou assemblées faites |iour son institut, oii elle disait ses raisons, a souvent dit en sortant qu'elle était une admirable personne, et qu'ils n'étaient que des enfants, parlant de ceux de l'assemblée, comparés à ses éminentes lumières. L'ne sa'nte Carmélite qui avait des lumières extraordinaires de Dieu, assurait qu'elle était granticment chérie de Dieu, et plus qu'on ne le (lensait. Feu M. de Renly, dont la . mainte vie est connue par le livre qui en a été donné au public, en ayant entendu parler, comme il avait l'esprit de Dieu, sut bientôt discerner son mérite, et c'est ce qui l'ob'igea de lui adresser la lettre que nous allons rniiporter par laquelle nous finirons ce chapitre.

Lettre de Monsieur de Renly à la mère Marie-Elisabeth de la Croix de Jésus.

« Ma révérende Mère, « Je ne sais comme je vous écris ce mot, je m'abandonne à mon Dieu pour le faire dans son esprit, et en la sim[ilicilé de ses enfants de-quels je suis un misérable prodigue ; mais ayant beaucoup oui parler de vous, diverseinent en beaucoup de rencontres et d'importance, ce qui m'en est demeuré est que Notre-Seijjneur fait son œuvre sous la petitesse et le secret, que le monde aide à faire jiar sa malice, et cjue même tous les serviteurs de Dieu ne sont [las capables de connaître. Ce secret se trouve au milieu du jilus grand bruit qui est l'œuvre intérieure, laquelle va son train selon qu'il plaît à Dieu, et dont la conduite étant perfectionnée de tout ne peut-ôlre blessée île rien. M. Chauvenel, avocat de la miséricorde de votre ville, m'a dit ce qui a paru au dehors, ce que vous avez porté pour Dieu, cela m'a donné mouvement de me lier h vous autant que Noire-Seigneur le veut; et d'autant [)lus (ju'il m'a donné la connaissance et liaison étroite avec une personne qui a grand rapport à votre conduite (il parle de .Marie des Valéesj; l'extérieur me fait juger de l'intérieur. Au jour du jugement toutes les choses nous seront manifestées, tant en ce qu'elles S(uit, que pour ce qu'elles sont ; et certainement tout ce que nous en devons tirer, et qui ira toujours se perfectionnant, et s'augmentant jusqu'à ce qu'il soit consommé, sera ranéantissementquisera d'autant plus grand en adoration, en amour, et à tout porter, et ofiérer, que Notre-Seigneur e»t plus en lui par son esprit pour nou^ faire api'rochsr

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lie lui. Je It) siipi lie que nous soyons prévenus de ses grdces \>ouv donner lieu à tout ce qu'il veut opérer en nous, et de recevoir notre don entre ses divines mains. SoulTrez que je lui demande en union avec vous non en témérité mais en siinplicilé d'un pauvre •^ui demande l'aumône, et qui est en tout respect,

« >la révérende Mère,

« Xulrc très-luirableel très-obéissant serviteur,

« J.-B. Gaston de Renty. »

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