‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 110 sur 436 · LE TRIOMPHE DE LA CHOIX. — PVUT. IL · texte numérisé non relu

LE TRIOMPHE DE LA CHOIX. — PVUT. IL

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rniiiL'iit dès sa jeunesse el qui lui avaioiU ceint les reins, comme on le rapporle tie l'aiigélique Docteur, en tL'moignajj;e (!e sa chasteté.

La (ligne mère Marie- Elisabeth a témoigné en avoir reçu luen des assi>.lnn((!s, romme il a été dit, depuis son entrée dans le ciel. Plusieurs tics glorieux habilanti de cet heureux séjour lui p.iraissaient quelquefois |iour la secourir. Sainte Madeleine se lit voir îi el> le jour de sa l'été avec une majesté qui ne trouve point de termes pour l'expliquer, et elle l'offrit à I))eu qui était sur l'autel au li'és-saint sacrcnent, lui disant qu'elle ne craignait rien ni pour elle ni pour sa maison. Elle lui conseilla de s'oll'rir à Dieu comme une victime pour ses ennemis; car quel conseil les saints qui sont [larfaitement unis à l'adorable Jésus pourraient-ils iloimer que ceux de leur divin Maître I Mais le monde qui lui est contraire, et dont le diable est le |>rince, selon le témoignage du mônif^ Sauveur, donne des avis bien Ofiposés. Il veut que l'on tire raison de ses oUenses, que l'on s'en ressente, que l'on en fasse bruit; et à peine les enfants commencent-ils à avoir quelque lumière qu'on leur inspire ces sentiments, en sorte que leur éducation tient plus de l'intidèle que d'un Chrétien. Notre-Seigneur fit voir à la mère Marie-Elisabeth que le conseil de sainte Madeleine lui était agréable : aussi est-il conforme à sa . divine parole. Mais la mère disait que l'ex- • lérieurde la sainte, quehjue aJmiiable qu'il lui parût, n'était rien en comparaison de la beauté de son intérieur qui lui l'ut découverte. La sainte lui dit une autre fois : Si je pouvais descendre du ciel j)0ur souU'nr quelque chose pour l'amour de Dieu, que je le ferais l)ien volontiers !

Saint Bernard s'est montré à elle dans une grande beauté. Saint Siméon et sainte Marthe ont fait la même chose, l'encourageani beaucoup, tout au contraire de la nature et du démon, qui inspirent le décourageiueni. Les saints martyrs, qui se faisaient aussi voir, l'encourageaient à souffrir les croix, lui disant que Dieu avait agréable qu'elle s'oubliât d'elle pour penser au salut des autres. Ayant été tentée sur les grâces extraordinaires de sainte Gertrude, elle lui parut dans un habit si magnifique et avec tant de majesté, une couronne de gloire si admirable, que si elle ne lui eût pas fait connaître ce qu'elle était, elle l'eût (nise pour la Mère oe Dieu. Elle vit, le jour de la l'été des glorieux apôtres saint Pierre et saint Paul, tous les séraphins et chérubins et le reste des anges en grande joie; puis ensuite elle les vit tous se prosterner pour adorer leur divin roi Jésus. Quelques saints lui dirent qu'elle avait en eux de bons amis de la croix. La nvême vue de l'allégresse extraordinaire de tout le Paradis à la tëie. des glorieux apôtres saint Pierre et saint Paul a été donnée à d'autres saintes âmes; ce qui marque le respect que l'on a même dans le ciel pour ces princes des apôtres, et ce qui nous doit apprendre la dévotion que OixraES coMPL. dk Boikov. II!.

nous leur devons avoir, et la vénéraiiou toiile singulière avec laquelle nous devons célébrer leurs fêtes. Saint Paul avait été donné pour guide h notre sainti' fomlatrice, et il lui avait impdtré une cnniiaissance pjirtirulière de ses travaux. Saint Augustin, ([u'elh; avait choisi pour l'un de ses oatrons, aussi bien que saiiu Ignace et plusieurs autres saints, se sont montrés à elle visiblement. Elle entendait la uiélodie des anges, qui était si ravissante qu'elle assurait qu'elle lût morte de joie et de plaisir, si elle eût duré longtemps. Mais comme la croix et elle étaient iiiséparahles. ces vues célestes et les innocentes joies (jifclles lui donnaient étaient modérées par la vue affreuse de l'enfer et des démons qui, dans des formes horribles et touchant les nues de leurs télés, semblaient la vouloir engloutir.

Mais entre tous les saints, celle qui eu cs« l'auguste reine est la personne du ciel qui a conversé avec elle plus familièrement. Comme entre les |uires créatures, elle est l'incomparable en bonté, elle l'est aussi en ses faveurs et en ses grâces. Elle lui a donné le saint Enfant Jésus entre ses mains, et lui a fait des caresses capables de jeter l'étonnement dans le paradis. Elle en recevait des réponses très-souvent, et jamais mère n'a marqué tant d'amour i)Our son enfant, comme elle lui en témoignait. Elle l'instruisait comme sa chère fille, et lui donnait des avis en toutes sortes d'occ.asions. Après ce que son adorable Fils a fait pour les pécheurs, il n'y a plus rien qui ne soit aisé à croire de la très-pure et douce Vierge qui en est le refuge, l'asile, ei que l'Eglise considère et invoque comme la reine et la mère de la miséricorde. Elle lui montrait bien, lorsqu'elle disait qu'elle ne se rebutait pas des pécheurs, qu'elle ne laissait pas de prier [lour eux, quoiqu'ils ne fissent pas usage des grâces qu'elle leur obtenait, parce que cela les em|iêchait de commettre plusieurs maux qui auraient augmenté leurs jieines dans l'enfer; et lui parlant un jour d'une personne qui était à Dieu, mais qui avait plusieurs imperfections, elle lui dit qu'il ne les lui fallait [las faire voir tout à cou|), mais peu à peu, l'une ajirès l'autre, de peur que cela ne la décourageât. Elle lui apinil aussi que Notre-Seigneur envoyait quelquefois des maladies à ses serviteurs jiour les perfectionner, ou (comme c-e bon Sauveur lui lit connaître), pour punir leurs négligences.

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