‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 137 sur 436 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Sa naissance spirituelle.

Le Chrétien a deux sortes de naissances: il tire la première il'.Xdam, et elle est dans le péché ; il reçoit la seconde de Jésus- Christ, et c'est une naissance de grâce spirituelle et divine. Ce n'est point une naissance de sang ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu. Je m'arrête à cette seconde naissance de Dieu, pour |iarler avec le disciple bien-aimé : c'est celle-là que je vais considérer en la lionne sœur dont j'écris un abrégé de la Vie. Elle était d'une famille honnête; mais ce que je désire louer en ses parents est leur vertu. Son père et sa mère étaient des personnes qui vivaient dans la crainte de Dieu; ils marchaient tous deux dans la voie de ses divins commandements, et ils recherchaient sa gloire. Le ()ère le faisait bien voir dans le dessein qu'il avait, si Dieu lui donnait un enfant, de le consacrer à son service. Il était occupé de ce dessein dans son intérieur, et il le manifestait par ses paroles. Aussi s'en acquitta-t-il fidèlement ; car la divine Providence lui ayant donné la fille dont nous lirions , à même temps qu'elle vint au monde, aussitôt il se mit à genoux et se jirosterna devant l'infinie majesté du Souverain de toutes choses, pour lui ofTiir et consacrer son enfant. Il fit cette offrande sans en parler pour lors à sa femme; mais sa femme, jiressée ]iar un mouvement intérieur de grâce, fit la même chose de son côté sans en parler à son mari. La divine Providence, qu' dispose de tout, voulut que cet enfant, qui devait être tout immolé à la gloire de Dieu, lui fût offert et donné dès sa naissance par les deux personnes qui avaient plus de droit sur elle.

C'est une chose remarquable qu'étant encore dans les entrailles de sa mère elle se remuait souvent lorsque l'on commençait le saint Evangile, ce que sa mère reconnaissait très-sensiblement, lorsqu'elle était aux divins mystères, ce qui la sur|)renait ; et elle assurait qu'il lui semblait, autant qu'elle le jiouvait discerner |)ar le mouvement du (letit corps qu'elle (tortait, qu'il semblait vouloir s'élever au même tem|)s qu'on récitait tlurant le saint sacrifice de la messe les vérités de l'Evangile. Et cela ne paraîtra pas si étonnant à ceux qui n'ignorent pas les histoires des Vies des saints, puisque nous y lisons que souvent Dieu a donné des marques à leur naissance, et avant leur naissance, de l'éminente sainteté à laquelle ils ont'été élevés par des signes très-singuliers ou miraculeux. L'on a encore remarqué que la sage-femme qui assista à l'enfantement sécria jiar un mouvement particulier que cette fille serait bienheureuse.

Elle na(iuit le 11 octobre de l'année de grâce ItJoO, dans la ville d'Evreux,et elle fut baptisée le 15 du même mois, qui est le jour de la fête de notre sérapliique Thérèse. Si, selon le témoignage du Fils de Dieu, do deux passereaux qui ne se vendent qu'un

LAMULK bE lilKL SKIL.

l'AKT. I.

SOU, il n'en tombe pns un st-ul s.ins Tordre de son Père ; s'il n'y a pas jusqu'aux cheveux de tôte qui ne soient comptés, sans doute qu'il n'arrive rien nu\ hommes, qui sont ses images, et particulièrement au\ personnes qu'il a choisies pour en faire des miracles de son amour, et ()ui sont bien plus «onsiddrables que des passereaux et des cheveux, sans un ordre très-spécial de son aimable providence. C'est cet ordre que j'adore dans sa coiidnile h l'égard du ba|itème de l'enfant, le jourde lafùtede laséraiihicjue sainte Thérèse. Il semble que le ciel voulait parla donner quelque préjugé que celte tille serait une lille séraphique, une tille de croix, une fille toute d'oraison, la faisant renaître jiar le Saint-E<prit, et entrer dans l'état glorieux des enfants de Dieu, dans un jour tout dédié à la mémoire de la grande sainte qui a été l'admirable dans la pratiijue de ces vertus. Mais c'était une marque bien singulière de l'estime et lie l'amour qu'elle devait avoir pour le Carmel, dont nous rapporterons dans la suite de cette histoire des jiarticularités remarquables. Nous [louvons dire encore, que si Dieu, selon le témoignage de l'Ecriture 'Psal. cxlvi, V\ qui sait le nombre des étoiles, leur donne à toutes leurs noms, ce n'est pas sans sa divine providence que celui de Marie a été donné à une tille qui devait exceller en sa dévotion et dans le zèle de ses sacrés intérêts.

O Seigneur, que vous êtes grand ! que votre puissance est merveilleuse, et votre sagesse incompréhensible !

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