‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 144 sur 436 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Son amour pour les mépris et la vie cachée. Ce chapitre est, en partie, une continua,-

tion du précédent, où, parlant de la vrai« humilité de la sœur Marie-Angélique de la Providence, nous avons été obligés de traiter de son amour pour les humiliations, sans lequel on ne peut être parfaitement humble. Nous dirons encore ici, que l'amour qu'elle avait pour la confusion était si étendu , qu'elle eût été ravie d'être méprisée de j toutes les créatures; que ce qui l'avait consolée dans les infirmités corporelles qui l'avaient obligée de sortir du cloître, était la pensée qu'elle avait qu'elle pourrait être plus humiliée dans le siècle. Les bas sentiments d'elle-même, dont elle était pénétrée vivement, lui faisaient croire que toutes les créatures devaient la mépriser, et elle n'en voyait aucune sur la terre qui n'eât droit de le faire. Elle assurait qu'elle aurait donné toutes choses pour avoir la grâce tl'une bonne abjection. Si on l'eût laissée faire, elle eût fait des actions ridicules publiquement dans les rues i)Our s'attirer du mépris, à l'imitation de jilusieurs grands serviteurs de Dieu, qui, conduits par l'esprit d'une véritable sagesse aux yeux du Père des lumières, ont fait des folTes apparentes devant les hommes, et qui ont été élevés à des grandeurs d'une glorieuse sainteté en la présence de celui devant qui tout ce qui est n'est rien, par ces voies d'ua abaissement ridicule, selon l'opinion des créatures. Cependant, comme il a été dit, elle alla, durant quelque temps, vêtue ridiculement, ce qui lui attirait les risées des enfants; elle portait des vieux souliers d'homme qu'elle avait fait accomuioder exprès ; une coiffe tout usée et un habit d'un& pauvre servante. Comme cet état est beaucoup agréable à Dieu qui aime l'humilité, parce qu'il est le Dieu de vérité, il n'y a rien que le démon redoute davantage, à raison de sa superbe. C'est ce que l'on a remarqué sensiblement dans les agitations extraordinaires qu'il a données à la sœur Marie-Angélique, lorque quelquefois on a voulu l'huQiilier. Ce maudit esprit la mettait dans une révolte furieuse extérieurement contre ce qui lui était ordonné, et lui faisait dire [ilusieurs paroles de désobéissance et de mépris, ce qui était cause qu'on l'humiliait en plusieurs manières, pour s'opposer à cet esprit d'orgueil; mais c'était jiour lors une chose étonnante de voir les agitations furieuses qu'il causait dans son corps, faisant assez paraître, par ces mouvements, combien il en souffrait. 11 la jetait contre les murailles avec une folie étrange, sans qu'il fût possible aux personnes qui étaient présentes de l'arrêter; il battait la terre de son corps avec une force extraordinaire, et la réduisait en une telle extrémité qu'il semblait qu'elle allait étouOer. Comme un jour l'on eut trouvé à propos de la fouler aux pieds, le démon ne i)ut jamais soulfrir cette action humiliante, et il fit si bien, par les différentes contorsions de son corps, qu'il ne fut pas |iossible, la faisant crier en même temps d'une façon pitoyable. L'on eut retours à notre bon Sauveur, invo-

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