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CHAPITRE IL Sa pureté extérieure et intérieure

Les vierges, dit saint Augustin, auront

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(juclqiie olioso de graiid imr-dossiis les .mitres suints, dans la counniiiie iiiiinort/ililt'', imisque, poiidaiil niC-inc (lu'tdies \ivorit .lans la chair, ollos ont quLMi|iu> rhoso (|iii n'est pas ne la chair. C'est pouninoi le disciple vierge, h qui Jésus-Christ vierge avait reromniandé sa Mûre vierge au pied do la croix, dans une vision mystérieuse de son Apocalypse (!tvii,5 et scq.), voit sur la montagne de Sion l'Agneau cpii en est accompagné. II remarque que, par une grAce spéciale, elles iKjrtetit son nom et le nom de son Père écrits sur le front; car elles sont de brillantes images de la pureté des personnes divines de la surailorablc Trinité. Il dit qu'elles chantent conitne un cantique nouveau devant le trône et devant lus quatre animaux, et devant les vieillards, parce que Dieu tire une gloire extraordinaire des victoires qu'(dlcs ont renqiorlées sur une chair qui ahat et jette dans une perte éternelle une infinité de toute sorte de personnes; et la louange qu'elles luidonnent est toute singulière; c'est [lourquoi elles la rendent devant ce qu'il y a de plus illustre entre les saints. Il ajoute que personne ne jieut dire ce cantique que les seules vierges ; c'est un privilège qui leur est particulier, et qui ne se communique à aucun autre. Il assure qu'elles suivent l'Agneau partout où il va, jiarce que, dit un savant et [lieux interprète, )1 semble, d'ajjrès ces jiaioles, que si les martyrs suivent le Sauveur dans ses suj)idices, les apôtres dans ses prédications et l'établissement de son Eglise, les confesseurs dans les diverses afflictions de la vie, les contemplatifs dans la solitude, il est difficile qu'il soit vu d'autres que des vierges, dans ses familiarités avec ses pures et saintes épouses, dans les tendresses qu'il leur témoigne et dans ses communications avec sa sainte Mère. Il n'y a rien, continue cet inlerfirète, de réservé pour cette chaste troupe, à qui l'entrée môme dans ses celliers n'étant pas déniée, il n'y a aucun lieu ni aucun état dans lequel elles ne l'accompagnent. En un mot, la virginité reçoit tout autre privilège de grâce. Ainsi les vierges sont les plus confidentes de l'Agneau, et les seules à qui cet avantage est attribué dans l'Ecriture, de l'accompagner partout où il va.

C'est un don très-spécial de Dieu de connaître le prix de cette vertu angélique, et une grAce inestimable d'en être favorisé. Ceux-là ont bien dit, qui ont assuré que si .son excellence était connue, on renoncerait facilement à tous les plaisirs des sens pour mener ici-bas une vie céleste; car elle lient plus du ciel que de la terre. Je prie en toute humilité le Koi des vierges, par les mérites de celle qu'il en a établie [lar sa grâce la Reine, de vouloir répandre ses j)ures lumières sur celles qui liront ce petit ouvrage, afin de leur faire voir la beauté admirable de la virginité, de leur en inspirer un saint amour et de les tirer de tous les faux appas des sens, pour être glorieusement à sa suite et l'accompagner eu ses plus divi-

nes familiarités. O le divin Roi de tonte purclél ouvre/ les yeux à vos fidèles, et leu'" découvrez le mensonge îles voluptés des sens. () éleriiilélô éternité 1 (pie n'enires-lu dans nos esprits pour nous manifester que cette vie passe comme un éclair, et (jue ce n'est pas la peine de. s'y lier avec des créatures qu'il faut quitter sitôt [lar la nécessité inévitable de la mort!

La sœur Marie-Angélique avait la grâce d'ôlre du nombre des âmes qui marchent dans la lumière, et qui découvrent les illusions de la vie présente; elle a vécu et est morte vierge, et elle portait un si grand éloignement de ce oui en pouvait (ernir en la moindre manière la (lureté, qu'elle n'eût jiu souffrir qu'on lui eût pris la main. Dieu tout bon, qui est la pureté môme, a voulu raar(]uer [)lusieurs fois et en des occasions différentes, par des assistances spéciales, combien les chastes inclinations de notre sœur lui étaient agréables; car les démons lui renversaient le corps de telle faroni qu'elle avait la tête en bas et les pieds en haut. Jamais aucune jiartie de ses habits n'est tombée, et ils restaient en cette posture comme s'ils eussent été à ses jiieds; ce (|ui a été vu de plusieurs personnes dignes de foi.

Mais si elle était vierge de corps, elle l'était d'esprit, n'ayant jamais perdu son innoicence baptismale : c'était une vierge commecelles qui furent montiées au disciple bienaimé, dans son Apocalypse (xiv, 5), qui étaient sans tache devant le trône de Dieu, c'est-à-dire, sans aucun péché notable; le.s. vanités qui l'avaient amusée durantquelque temps n'étant pas arrivées jusqu'au péché mortel ; ce que l'on a aussi remarqué en l.'i séraphique sainte Thérèse. Les puissants mouvements de l'esprit de Dieu ki portaient à renoncer généreusement à tout ce qui emjiêche la pureté de cœur; elle avait renoncé aux |)laisirs du co.'-ps par la virginité; aux, désirs des biens temporels, par leur privation volontaire ; aux honneurs, par famour des humiliations et de la vie abjecte. Elle s'était dégagée de l'amitié des créatures, dont le détachement est si rare, (nous parlons des amitiés honnêtes) que saint Augustin assure qu'à peine se trouve-t-il. Ce sont ces amitiés qui ont autrefois arrêté si longtemps la grande Thérèse, qui lui ont apporté tant d'obstacles à sa perfection, dont elle a eu tant de peine à découvrir les illusions, et dont elle se délit sans réserve après avoir entendu une voix céleste qui lui dit : « Thérèse, je neveux plus que tu converses avec les hommes, mais avec les anges. » Ce sont ces amitiés, dont elle a déploré ensuite le mensonge, contre lesquelles elle a parlé avec tant de force, dont elle a décrit si saintement les dommages; car enfin l'altachechement aux créatures est un grand obstacle à l'union avec Dieu; notre cœur n'est fait que pour lui, et c'est lui seul qui doit le remplir. La sœur Marie-Angélique avait un zèle si divin pour en fermer toutes les avenues aux créatures, et à son égard et à l'ê-

t*:UVRF.S COMPLETES DE BOCDON.

eu

gard des autres, qu'elle ne put souffrir la tendresse que lui faisait paraître une personne qu'elle vovait jileurer au sujet de sa maladie, qui allait à la mort; et [lour lui témoigner la peine qu'elle soutTrait d'avoir quelque part è son cœur, elle la jiria de ne la retourner voir que huit jours après, pour en modérer la tentlresse.

Elle savait combien l'âme doit être pure et toute à Dieu seul pour lui être parfaitement unie. Une jiersonne qu'elle avait beaucoup connue, qui était d'une piété singulière et d'une grande innocence, lui parut après sa mort; elle lui dit les grands tournaents qu'elle endurait, à raison qu'elle avait été trop sensible aux amitiés honnêtes des créatures; que ces liaisons imparfaites l'arrêtaient dans le purgatoire, et la tenaient dans une peine effroyable de s'y voir jirivée de la vision glorieuse de Dieu. Oh ! qu'il est juste, ô grandeur infinie de mon Dieu , que vous cachiez votre divin visage à ceux qui ont trop vu, et qui ont trop arrêté leurs yeux sur les choses créées I

Notre sœur en détournait les siens , pour ne plus regarder que Dieu seul. Ainsi, après s'être dégagée de tout ce qui était hors d'elle, elle renonça encore à elle-même, ne faisant non plus d'état de son corps que si elle n'en eût point eu. Mais le détai'heœent chrétien ne s'arrête pas seulement à se déprendre de ces choses grossières; il va jusqu'à ce qu'il y a de plus spirituel dans l'intérieur, jusqu'à la division ou le détachement de l'âme et de l'esprit; et c'était sa grande application. Ayant lu , dans le petit livre de Lieu seul, ce qui est rapporté du bienheureux P. Jean de la Croix, au sujet du dénûment parfait, elle en fut touchée vivement, et elle prit résolution d'entrer, avec le secours divin , dans les voies du rien, qu'enseigne si divinement cet aigle des docleurs mystiques. Dieu tout bon favorisant un dessein si chrétien, lui ouvrit cette porte étroite et ce sentier si fermé; elle y entra donc, et elle y a marché avec une constance inviolable durant tout le cours de sa vie, vidant son àme et toutes ses puissances de tout ce qui n'était pas Dieu, afin que par le rien de l'être créé la place fût toute vide pour l'être incréé, et qu'elle pût dire avec saint François : « Mon Dieu et mon tout. »

liUe disait à son directeur que tout le reste lui était à dégoût , et même les meilleures créatures; que, lorsqu'elle se trouvait obligée d être dans leur conversation, il lui .semblait qu'elle était comme seule, que souvent elle n'entendait non plus ce qu'elles disaient que si elles eussent parlé une langue étrangère ; qu'il fallait qu'elle s'appliquât pour pouvoir les entendre. Son âme était perdue heureusement en Dieu, et elle assurait qu'elle avait une horreur extrême de son proi)re esprit.

Ce grand vide que l'esprit de Dieu avait opéré en elle, la mettait dans une liberté divine ; elle n'était plus arrêtée par les attachements grossiers des choses extérieures ; elle s'était déprise de son corps et de son

âme ; mais elle ne tenait pas même imparfaitement aux choses les plus saintes , dont l'usage propriétaire est une cause, à plusieurs personnes spirituelles, d'un grand retardement dans les pures voies de la perfection. Elle avait des images de quelques saints de sa dévotion particulière, et elles lui étaient bien chères, j)arce qu'elles lui servaient à honorer les saints dont elles étaient la figure; mais à la moindre occasion qui se présentait de les donner aux autres , elle le faisait sans peine ; elle quittait ses exercices de piété sans difficulté, quand la divine Providence en disposait de la sorte, et la privation môme de la sacrée communion. C'était Dieu qu'elle voulait, sa seule volonté, et non pas les moyens d'aller à Dieu, sinon qu'en tant que le bon plaisir divin s'y trouvait.

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