‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 148 sur 436 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Son obéissance.

Celui, dit le grand Apôtre [Galat. vi,3), qui se croit quelque chose, n'étant rien , se trompe lui-même. Pour marcher dans la vérité , il faut connaître son néant : aussi le même homme apostolique, parlant de luimême, dit qu'il n'est rien. La source de toutes les hérésies vient de la bonne opinion de soi-même, de l'estime que l'on lait de ses propres lumières ; c'est ce qui donne lieu aux illusions des démons , c'est ce qui cause de si pitoyables égarements parmi plusieurs personnes qui font profession de piété, c'est ce qui dérègle dans la dévotion , c'est ce qui arrête tant d'âmes dans ellesmêmes et qui leur sert d'obstacle pour aller à Dieu ; en un mot, c'est une chose terrible et qui a des effets les plus funestes. Une personne qui se rend propriétaire de ses sentiments, ne les soumettant pas avec simplicité, devient le jouet des diables, et met aux grâces de Dieu l'une des plus grandes oppositions que l'on y puisse avoir.

Dieu demande une désappropriation des propres lumières ; il veut que l'on renonce au propre jugement, à la proiire volonté ; c'est pourquoi il a établi des supérieurs k qui il veut que l'on obéisse. Le sacrifice de l'obéissance est un des plus grands qu'où puisse lui faire; il lui est plus agréable que tous ceux des anciens, que celui des biens ou celui du corps, et néanmoins c'est celui qui est le plus rare. Vous trouverez assez de personnes dégagées des biens delà terre, qui s'en privent ou ((ui n'y sont pas a!tachées ; vous en trouverez encore davantage qui allligent leur corps par de grandes et longues pénitences; vous en trouverez qui veilleront, qui feront oraison , qui seront charitables, qui pratiqueront toutes sortes de bonnes œuvres ; mats oiî en trouvera-t-on qui ne soient plus arrêtées à leurs propres sentiments, qui se soumettent avec simplicité et de cœur, à ceux que la divine Providence leur a donnés pour les conduire ?

La sœur Marie-Angélique a eu celte grâce dans un degré héroïque : elle obéissait en tout, et le sacrifice qu'elle faisait à Dieu en celte matière était sans aucune réserve.

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