CHAPITRE V
Sa parliripationatix loitrments des mnrUyrs.
Comme les sages du siècle, peu accoutumés aux œuvres de Dieu, en jugent selon leur pure lumière naturelle, ils sont hien éloignés d'en comprendre la conduite, dont les n)jstèrïïs leur sont cachés, pendant que Dieu prend plaisir de les manilester aux hunliles. Ils décrient ce qu'ils ignorent, et traitent d'illusion ce qui ne tombe pps sous leurs sens, et que leur fausse lunnère ne conçoit pas. C'est ce qui m'oblige de j>asser des grâces admirables sous le silence, jiour ne les pas exposer à être méprisées. J'aurais fait la même chose à l'égard de la communication des tourments des martyrs que notre très-doux Sauveur a faite > la sœur Marie-Angéliquede la F'roviiience, si je navals considéré que ce n'est |ias une chose nouvelle, et qu'ainsi si des auteurs illustres n'ont pas fait difliculté d'ex|)oser au public sessoutfrances, dont les âmes pures et >aintesont été édiûées, et dont Dieu a tiré beaucoup de gloire, je ne devais pas cacher ces œuvres de sa grâ'-e r l'on en a traité dans la lie de ia vénéia!)le sœur Marguerite du Saint-Sacrement, Carmélite du couvent de Baume, quia été examinée par tant de savants théologiens, et par des préi.'ts illustres en doeirine et en piélé, et qui l'ont approuvée. Cette Vie a eu pour ses juges des prélats des jdus capables pour la science, la piété, l'exactitude etl'expérience, qui se sont conduits avec toute la sagesse jiossible, et ils ont témoigné que Dieu serait glorifié des faits extraordinaires qui y sont contenus, et l'Eglise édifiée de leur lecture.
Or, voici quelques-uns de ces faits extraordinaires qui se lisent dans le chafûtre qui porte pour titre : Sœur Marguerite est rendue participante des tourments des plus grands înarlyrs. « Le Fils de Dieu, dit le savant et |)ieux écrivain de cette Vie, qui jiar son Saint-Esfirit communique ses grâces et celles des saints à l'Eglise, voulut que sœur Marguerite ne fût pas seulement )iarlicipaiite de ses divines richesses par la loi et par la charité, mais encore il imprima en elle ses mystères, j)rincipalement celui de sa passion, et aussi les tourments de ses illustres martyrs, et il le lit pour nous apprendre par son exemple combien nous devons être revêtus en notre cœur, et de lui et de tous ses saints, et pour nous faire voir en elle un recueil des grâces et des vertus répandues dans les plus grandes âmes.
« La puissance de Dieu se rendit admirable en elle par les supplices qu'il lui fit souffrir pendant l'espace de- quatorze ou quinze mois ; il ne se passa aucun jour sans qu'elle n'employât six ou sept heures en oraison, où presque toujours elle fut ravie,