LAMULT. DE DIEU SEUL. — PART. II
lies raaléficiées , qui soullYent d'étranges vexations (Jial)o!ique.s, et (jui sont toujours sur le borti du |iréci|iico ; mais on les doit lieau<'ou|i on(ourai;er et leur taire voir ([u'eii la vertu do notre divin SauvtMir nous pouvons tout. Si ces nialélii-es ont leurs eflets ordinairement h l'é^aid îles pt^ctiés dont (es personnes sont tentées, l'est que conimunénienl on suit la pente naturelle, et qu'on n'a pas assez de recours à l'adorable Jésus notre Sauveur, par l'oraison , les pénitences , la fréquentation des sacrements et la dévotion à l'imniaculée Mère de Dieu, aux bons anijes et aux saints. Car entin tous les démons de l'enl'er ne nous peuvent pas forcer au péché, si nous ne nous rendons pas par nos inlidélités à leurs tentations. Nous en ayons un exemole très-considérable , dans l'iiisloire ecclésiastique , en la personne de sainte Justine; njais quel malheur et quelle ertroyable ca|)tiviié des |)écheurs , qui s'abandonnent è la tyrannie des diables, se laissant aller malheureusement à leur [)assion !
La sœur Marie-Angélique de la Providence a triomphé glorieusement de l'enfer, parce qu'elle a bien connu son impuissance, et qu'elle n'était rien, s'abaissant bien ba-, et se tenant dans son néant. Dans cet abîme de son anéantissement elle a attiré l'abîme des njiséricordes de son Sauveur. Elle l'imitait lorsqu'il était dans le jardin des Olives ; car étant dansses agonies, c'était pour lors qu'elle priait Dieu avec plus d'aiiplication, qu'elle )ir(dongeait son oraison; c'était pour lors t|u'elle pratiquait les actes les plus héioiciues Uu pur amour de Dieu seul , qui est la chose que les démons redoutent davantage : car ils craignent, disait le grand saint Antoine, les jeûnes, les veides, les prières des serviteurs de Dieu, mais surtout un ardent amour de Notre-Scigneur Jésus-Christ. Ce pur amour la rendait intrépide à toutes 'ms menaces de l'enfer. Et de vrai, que peut faire l'enfer avec toute sa rage et tous ses efforts contre une âme qui est unie à Jésus-Christ, et qui, par cette bienheureuse union, est faite une même chose avec ce Dieu toutjiuissant? C'est dans cet heureux état que la sceur Marie-Angélique pouvait dire avec le Psalmiste : Sei<jiieur, pourquoi ceux qui me persécutent sont-tls en si grand nombre? pourquoi s'e'lève-t-il tant d'ennemis contre moi? Plusieurs disent à mon âme : Elle ne trouve point de salut en son Dieu; mais. Seigneur, vous êtes mon prolecteur, vous êtes ma gloire et vous élevez ma tète. J'ai crié, j'ai élevé ma voix au Seigneur, et il m.'a entendu de sa montagne sainte ; je ne craindrai point les millions de démons qui m'envirojinent, parce que vous ave: frappé ceux qui me persécutent, et que j'attends de vous te sa'.at. (Psal. Hi. 2-9.)