‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 165 sur 436 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Son oraison.

Ce que nous venons de dire de l'assidaité de la sœur Marie-.Xngélique aux pieds des saints autels; ce que nous venons de rapporter de ses veilles continuelles en i'oraison, suffit pour faire connaître qu'elle en avait Ur don dans un très-éminent degré. Et c'est une suite du divin amour; car si l'oraison, comme la définissent les saints, est une élévation de notre esprit à Dieu, comment l'aimer, en vérité, et ne |)as penser à lui? Ces personnes, qu'un amour naturel attache à quelque chose, y l'ensent souvent. Ainsi, ceux qui sont [lassionnés fiour l'argent ou jiour I honneur, en sont fortement occupés; ceux qui sont attachés à qoehiue créature raisonnable, se font un plaisir d'être seuls jiour y rêver avec plus de loisir; car enfin, c'est une vérité que l'on peitse à ce qu'on aime.

Malheur à loi, 6 monde! malheur à les amateurs qui sont dans un oubli si profond (Je Dieul Les jours ordinaires se passent dans roccu[iation des créatures et la désoccupalion du Créateur; et le peu de temps que l'on destine pour se souvenir du grand Dieu des éternités se passe encore en des distractions lamentables; le temps d'une petite demi-heure, pour assister à ses divins mystères, semble bien long, et souvent cela va jusqu'aux plaintes, marque infaillible que le monde et les mondains n'aiment }ioint Dieu.

Ah 1 si l'on aime Dieu, l'on y pense; et ce serait une peine et un tourment de n'y pas penser. Le bienbeurex Louis de Gonzague, j)rince de la maison de Mantoue, à qui Dieu tout bon avait inspiré de se retirer du monde pour entrer dans la Compagnie de Jésus, étant réduit encore tout jeune dans l'extrémité de la maladie qui le conduisit au ciel par une mort précieuse, fut aveili

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ivir liîs nii^ilcriiis tlo no |i;i.s l;iiit ,s'ûccMi|ier mlériciirciiieiit en l'oraison, de peur que celn ne redoublAt son m;il de lèle : « Bien au coiilraire, leur dil ce saint religieux, le moyen de inc faire bien niai .^ la t«jle, c'est de ne f'a> penser à Dieu; car', connuenl ne s'en pas souvenir, sans se faii e une grande violence? »

Les grands ainanls de Dieu ont été des gens d'une grande oraison; les anacliorèles, dans leurs déserts, n'avaient pas d'autre occupation; mais c'a élé l'occupation niôinc (le ceux ciui ont été plus employés à la vie active. L'ada)iral)le saint Fran^'ois Xavier était en des em|ilois extérieurs continuels jtarnii les fonctions apostoliques, H cependant aussi recueilli intéiieuremenl, aussi appliqué à Dieu que l'ermite le plus retiré dans le plus solitaire désert. L'Kglise chante de la bienheureuse vierge et martyre sainte Cécile, qu'elle était jour et nuit en oraison; et nous pouvons dire la même chose de la sœur Marie-Angélique.

L'esprit de Dieu l'y attirait puissamment ries l'âge de six ou sept ans. Comme son cœur, dès ce bas âge, avait beaucoup d'ani<mr de Dieu, sa mémoire en était souvent leiuplie. Nous avons dit que dès lors elle aimait à être seule, et que, tout enfant qu'elle était, elle se retirait dans le grenier de la maison pour penser plus à loisir à son Créateur et Sauveur; dans la suite de ses années, augmentant toujours de plus en plus en l'exercice du divin amour, son application devint plus grande à la sainte oraison; elle se levait toutes les nuits pour la faire, et, comme cet exercice est tout angélique, son bon ange gardien, durant un long temps, ne manquaït pas de l'éveiller tous les jours, ('.'est une giAco qui a été conunune à plusieurs saints, et que tout récemment on a nnse dans les leçons île l'Olfice de saint Raimond, de l'ordre des Frères Prêcheurs, dans le bréviaire romain. Elle passait une; grande partie des nuits dans cette pratique on sa petite chambre, avant qu'elle les passât entières auprès du très-saint Sacrement de l'autel. Plusieurs fois elle a demeuré, dans l'église des religieuses Ursulines, depuis le dimanche jusqu'au mardi environ midi, dans une oraison continuelle le jour et la nuit, sans en sortir que le lundi, environ à la même heure, seulement pendant le temps qu'il lui fallait pour prendre un peu de pain, ce qu'elle faisait à grande hâte jiour retourner au jilus tôt avec son bon Sauveur.

Enfin, s'il s'est trouvé aes maisons religieuses où il y a eu une louange perpétuelle de Dieu, les religieuses se succédant les unes aux autres pour chanter incessamment des psaumes et des cantiques, et d'autres prières, l'on peut dire que la même louange perpétuelle s'est trouvée en la seule personne de notre sœur; car son oraisoL était comme continuelle. Partout elle était occupée de Dieu, ilans sa chambre, dans les rues, dans la retraite, au milieu des conversations, à l'église, et durant son tra-

vail; les personnes qui étaient proche d'elle s'apercevaient bien ijuc, lors même qu'elle prenait son peu de nourriture, elleétait loiile transporlée en Dieu. Ce lecueillemcnt intérieur lui dofinait des atlraits itiexplicables h la retraite, fi la séparation des créatures, et souvent, lorsque la nécessité l'obligeait de converser, elle demeurait au milieu des I oiiipagnies comme si elle eût été enfpielque désr^rt; elle avait même de la [leine à entendre ce qui s'y dirait, et son esprit était emporté ailleurs par une élévation sublime et forte en Dieu, qui la tenait quehjnefois sur la terre comme si elle eût été dans un autre monde.

Klle a été conduite par différents états dans l'exercice de la sainte oraison ; cependant son oraison a toujours été simple, sans le secours du raisonnement dont on se sert en la |)ratiquedela méditation, dans laquelle, jiar les diverses considérations de plusieurs vérités et avec le secours qui lui est donné d'en haut, l'âme s'enllamme de l'amour de son Dieu, et prend de lortes et généreuses résolutions de renoncer au vice et de pratiquer la vertu. Elle ne s'est donc pas servie des livres qui donnent des matières jiour méditer les vérités chrétiennes; elle avait un plus grand maître que les hommes, lequel remplissait son esprit de célestes et divines lumières, et embrasait divinement sa volonté des plus divines ardeurs de sa dilection sacrée.

Celle conduite spéciale n'empêchait pas qu'elle ne fût occupée intérieurement des mystères de notre bon Sauveur et de la trèspure Vierge, et même qu'elle ne pensât aux bienheureux anges et saints; car, quoique son occuj'ation ne fût pas dans le raisonnement ou dans la lecture des livres, et que ce fût une sim|ilecontem[)lalion; néanmoins, elle n'était pas privée de leur souvenir. C'est ce qui a été très-dignement remarqué par la séraphique sainte Thérèse, qui, parlant lie ceux qui sont dans un oubli entier des mystères de notre bon Sauveur, ne peut ap,irouver celte disjiosilion. Elle avoue bien qu'elle conçoit facilement l'impuissance de plusieurs âmes qui ne peuvent pas se servir des méthodes de la méditation à l'égard des mystères; mais elle ne comprend j)as comment on ne peut pas ordinairement s'en souvenir du tout, et elle dit de plus que cela va à faire periire la dévotion à notre bon Sauveur, à la sainte N'iergc et aux saints. Certainement, il est facile de remar(juer que les plus grands saints, qui ont été les plus élevés dans une haute contemplation, comme saint Bernard, saint Dominique, saint François, saint Bonaventure et tant d'autres saints et saintes, ont été dans une application spéciale aux mystères de Notre-Seigneur Jésus-Christ et" de sa très-pure Mère.

Or cette application différente compatit très-bien avec l'état passif, qui est une élévation de l'esprit de Dieu avec un trèsgrand amour, par une infusion de lumières extraordinaires ou de nouvelles espèces; car, dans cet étal, l'on n'y demeure pas lou-

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ŒLVUKS COMPLETES HE BOLl>ON.

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jours de la niômn nianièro. Il y a des lenips nîi les mystères -de Nolre-Seigiieur et do son imiiKiculée Mère sont manifestés, où l'iline iiiôiiie est aii|ijiqiiée aux bons anges et au\ saints, et particulièrement à de certaines vérités: l'état passif n'est pas toujours d.-;ns sa perfection en plusieurs Ames, môme ilurant le temps de leuroraison; et en dautres elles ont la liberté do s'appliquer durant la journée. 11 est vrai qu'il y a certains états ilans lesquels l'ûmo perd tout autre vue que celle de Diea seul; et pour lors, disait le grand saint François de Sales à la vertueuse mère de Chantai,' si l'on ne se souvient plus des mérites, l'on en possède l'essence ; si l'on perd la vue des bienheureux anges et saints, c'est pour jouir de leur lin, qui est Dieu seul ; et quand celacriive par l'opération divine, bien loin do s'en inquiéter, l'on doit s'y rendre fidèle. Mais il est rare que cet état' dure toujours, et que l'on ne puisse, sinon en de certains temps, au moins en d'autres, s'ap[iliquer aux divins mystères.

La sœur Marie-Angélique a passé par des voies bien ditlerentes en l'oraison, y étant appli(piéo en plusieurs manières; mais enfin elle n'opérait plus comme d'elie-iuèiiie : c'était l'adorable Jésus qui opérait en elle et ]iarelle, c'est-à-dire, qu'elle n'agissait pas à l'ortlinaire, mais pai' des lumières trèsspéciales ou par des espèces infuses. Douze ou treize ans avant sa moil, ses puissances et ses sens étaient tellement liés, qu'elle ne ]iouvait presque plus prier vocalement, n'ayant rien d'autre part qui l'y obligeât. Le célèbre docteur de Sorbonne, monsieur Duval, rapporte la mêiiie chose de la vénérable, cœur Marie de l'Incarnation, religieuse Carmélite, décédée dans une grande odeur de sainteté. Elle avait ordinairement des extases, ce qui lui ôta la liberté dese trouver dans la plu|iart des églises, pour n'être |)as vue en état; et, durant plusieurs années, elle a eu ces extases toutes les fois qu'elle assistait au saint sacrifice de la messe, et l'on fut obligé de lui donner ordre de ne jilus assister à ce redoutable mystère qu'en de certains lieux, où quelques prêtres informés de son étal le célébraient.

Ces extases arrivaient par une forte application à Dieu, avec une abstraction des sens extérieurs, qui procède de la grandeur de cette élévation, comme nous l'avons remarqué dans le Livre de l'oraison que la divine Providence nous a fait donner au public, oiî elle nous a fait traiter amplement des voies dillérentes [lar lesquelles les âmes sont conduites. Or, l'abstraction dos sens arrive, parce que l'âme étant d'une vertu limitée, |)lus elle s'applique à quelque fonction, moins elle s'a|)pliqu(; aux autres ; ainsi ayant épuisé ses forces natin-elles, elle ne peut plus communiquer aucun concours à ses facultés sensitives : c'est pourquoi l'exlase sup[)use imperfection de la nature. De là vient que les extases n'ont jamais eu lieu en Notre-Seigneur Jésus-Christ, ce qui est une doctrine certaine, et il est très-probable

que jamais la très-pure Vierge n'en a eu ; et sainte Thérèse enseigne qu'elles cessent lors(]ne Notro-Seigneur a dilaté l'âme et l'a rendue plus habile à souffrir les choses divines. Il y a une contemplation très-pure et très-simple, qui réside dans la suprême jiartie de l'âme, avec une grande liberté de ses puis.snnces et de ses facultés intérieures et extérieures, et qui est bien au-dessus do toutes les extases : elle a aussi été communiquée à notre sœur.

Mais si ses états d'oraison ont étéde plusieurs espèces, ses dispositions ont été Irèsditrérentes. Dans les commencements, elle était élevée à Dieu par la vue des créatuio, qui lui servaient d'un motif Irès-pressait pour s'enflammer en son divin amour. Elle était'touchée sensiblement de toutes choses ; mais particulièrement les bois, les rivières, les fontaines lui étaient comme autant de voix qui dans leur silence lui criaient eu leur manière l'amour de Dieu; son nom lui paraissait admirable en tout ce qu'elle rencontrait, et elle le voyait partout. « J'étais, disait-elle, dans ces temps, si comblée de lumières, d'ardeur et de grâces sensibles, que c'est tout ce je pouvais faire que de les soutenir; à i)eine voyais-je pour lors ce que j'étais devenue : » On a le corps en terre, mais l'âme est toute dans le ciel par son ap- })lication et ses désirs ; c'est comme une participation de la vie éternelle, il semble iju'oa a quelque chose du paradis dans le cœur ; alors on n'a pas de peine à croire en Dieu, car les heureuses expériences que l'on a de sa divine présence en donnent des certitudes que l'on ne [leut ex|iliquer.

Elle marcha durant quelque temps à la faveur de ces beaux jours, qui furent suivis de nuits très-obscures. Tout ce qui la por-tait auparavant à Dieu, n'avait [>lus rien qui la louchât. « Hélas ! disait-elle, toutes les créatures, qui me découvraient si hautement les perfections démon Dieu, ne me le manifestent plus : ces oiseaux, ces lieux écartés, ce silence (irofond des champs, qui me causaient tant de délices, me laissent maintenant dans une extrême insensibilité. Hélas! qu'êle.s-vous devenus ? s'écriait-elle ; je ne rencontre plus mon Dieu en vous par toutes ces clartés brillantes qui'm'inveslissaientde toutes parts ; je ne pensais jamais que vous me le puissiez cacher ; si je ne le rencontre plus en vous, au moins faites que par votre moyen je le trouve. » Mais elle avait beau soupirer, le jour était passé et la nuit lui avait succédé, rien ne la portait plus à Dieu. Quelquefois elle allait proche des rivières ou des bois pour voir si elle n'y pourrait point rappeler ces douces idées du grand Tout, ([ui lui avaient causé tant d'innocents ])laisirs ; mais c'était en vain, tous ses efforts demeuraient inutiles. <■ Tout le monde, disait-elle, (jue je croyais rempli de Dieu, me paraissait comme un grand vide; je ne voyais |)lus Dieu en rien, ni dans mon cœur, ni dans les autres choses; et plus je le cherchais, plus il se cachait; il me semblait que je n'étais plus capable d'aucun plaisir, ni à

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rintérioiir, ni à Tcxlérieur; mon onteiuleuienl me paraissait liors d'élal do plus re-

l'ART. 111.

cevoir aiuuiio lumiùrn; lo passé mY-t.iit comiiu' un sonj;c, j'avais le vQ'nv prossi; ot en lii's an^oisMîs extiôiucs. La iliviiie l'roviiitMii;o ne lui iiiaiii|iia pas néanmoins juriniloulcs M'S peines ; clic i"ailiessa ?i un père (le la Compaj^nie lie Jésus qui prôrhail ponilors en la calhédralo (rKvieux, cl coninio M était savant dans les voies inléiienres et spirituelles, il lui servit beaucoup par les bons avis (juil lui donna,

Coniine nous avons parle déjà de ses peines intérieures, nous dirons senlemont ici <iu'elle a soulfert de grandes distractions pendant son oraison, des aridités, des sécheresses, des insensihililés extraordinaires, des privations entières de tontes lumières, do sentiment de goût, do consolation; qu'elle y a porté iles réjiugnances violentes, des ennuis fatigants, des tentations cruelles, des jieines contre Dieu, des soustractions lamentables de ses secours, au moins connus, des vexations excessives des diables de l'enfer, et enfui quelle y a soulïert des [teines inex|iiical)les. Que les personnes qui sont dans la privation et dans les souffrances, accablées do tentations, apprennent de cet exemple et des exemples datant d'autres âmes si chéries de Dieu, que les croix doivent être leur iiartage en cette vie : ([u'ellos apprennent 5 iiersévérer constamment dans l'exercicede la sainte oraison, quoiqu'il leur semble que tout soit perdu pour elles, qu'elles y perdent le temps, qu'elles y sont sans lien faire. O qu'une heure d'une Lonne croix |iorlée durant l'oraison est une excellente oraison 1 c'est en cela que l'âme doit donner des marques de sa lidélité à son Dieu; souvent lorsque l'on prie avec plus de ferveur sensible, plus de lumières, ])lus de consolations, c'est alors qu'il y a plus d'amour-pro|ire, et moins d'amour de Dieu. C'est une véritable dévotion que de persévérer constaannent sans rien diminuer de ses exercices de piété, lorsque l'on y est dans l'obscurité, sans sentiments, et en de grands ennuis, avec beaucoup de répugnances, des tentations, et toute sorte de souffrances ; car pour lors, si l'on ne s'y trouve plus, Dieu y est ; et on le possède sans le savoir, en pensant luême le contraire.

Notre sœar a toujours persévéra en l'oraison , quoiqu'elle y ail souffert des peines qu'il serait dilïïeile de s'imaginer. 11 est vrai qu'elle y a reçu des grâces très-sensibles ; que les nuits entières ne lui ont pas duré quelquefois un quart d'heure; qu'elle s'est mise à genoux quelquefois le soir pour la prière, et qu'elle s'est trouvée le lendemain au matin en la même posture, ayant passé toute la nuit en oraison sans y avoir l'ait réflexion, et c'est l'oraison que saint Antoine, l'honneur des déserts, disait être la plus parfaite. Mais ce n'est pas dans ces états que notre sœur a marqué sa fidéliié à Dieu; c'a élé lorsque les nuits entières d'oraison lui ont élé une soulfrance perpétuelle , cl

OElvres cûmpl. de Bovdos. 1H.

qu'elle veillait seule avec Jésus seul, sans secours extérieur d'aucune créature , ni de la terre, ni du ciel, ni île son bon Sauveur môme, au moins sensible, parmi les affreuses obscurités lie la nuit, dans une guerre per|iétuelle avec les esprits de l'enfer. Fidélité rar(>, (niisqu'elln a été de tant d'années, ctjustiu'à la mort, et qu'elle assurait qu'au milieu de tant de tourments, une di- ses peines était de sortir de l'église quand elle y était obligée, et (jue jamais elle n'avait plus de disposition [lour y demeurer que lorscju'il fallait sortir.

Nous avons considéré dans le chapitre précédent le chAtiment qu'elle souffrit durant un mois pour une légère infidélité; mais il sera bon île méditer ici qu'elle a été punie sévèrement pour avoir commis quelque négligence , ayant été une fois paresseuse à se lever, loi'sque son bon ange lui faisait la grâce de l'éveiller toutes les nuits; car depuis ce temps-là il ne l'éveilla plus, et étant éveillée , elle avait bien de la peina à s'empêcher de dormir. Elle usa pour lors du remède dont elle s'est servie depuis pour être délivrée de son assoupissement durant ses veilles devant le Ires-saint Sacrement de l'autel, et dont il a été parlé : elle lia ses cheveux à un clou , et les serra de bien près, afin que sa tê(e se baissant |iar le sommeil, ses cheveux la lirassent, et l'éveillassent par la douleur qu'elle en sentirait. Elle se mettait aussi les bras en croix pour le même sujet , les attachant avec des cordes ; ce qui fut sa bénédiction, car elle recouvra la même facilité à veiller. 0 si tant de personnes qui se laissent aller à une multitude innombrable d'infidélités à l'égard de Dieu, savaient ce qu'elles font !

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